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Les mondes de l'insolite

 
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anti-margilin
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MessagePosté le: Jeu 25 Aoû - 16:48 (2016)    Sujet du message: Les mondes de l'insolite Répondre en citant

 







Chapitre 1  Numéro 7 et Numéro 7 bis
Chapitre 2  La carte
Chapitre 3  Le cercle des alchimistes
Chapitre 4  Nostalgie
Chapitre 5  Le départ
Chapitre 6  Un autre monde
Chapitre 7  Une longue absence
Chapitre 8  L’inconnu
Chapitre 9  Le lendemain
Chapitre 10 D’étranges visiteurs
Chapitre 11 Trois ans
Chapitre 12 Méditations
Chapitre 13 Captif
Chapitre 14 Combat
Chapitre 15 Réponses
Chapitre 16 Les anges
Chapitre 17 Séparations
 
Prologue.
 
            Notre histoire commence par la danse d’un petit lézard. Se faufilant de pierre en pierre, il baignait dans le soleil, comme s’il pouvait en tirer l’énergie dont il avait besoin pour continuer sa danse. Soudain, il semblait terrorisé. Ce fut un homme qui, contemplant l’Arc Oritanique de Stalagatir, cachait le soleil.  
Sa montée fut longue et dure, s’étendant sur une vingtaine de kilomètres de randonnée, et complétée par plus de deux kilomètres d’escalade. Sur ce, il semblait éprouver une grande satisfaction : la vue était magnifique ! 
Il s’émerveilla, puis médita.  
Le lézard, rassuré, reprit sa danse, prenant le temps d’aller vite. Le moindre de ses appuis était contrôlé. Le moindre de ses appuis était calculé. Le moindre geste était tout simplement parfait, en pleine harmonie avec sa danse.  
Droite, gauche, haut et bas. Pas un seul rayon ne lui échappait.  
L’être, de plus en plus rapide, semblait grossir, sans que sa démarche n’en soit ralentie. Au contraire, elle s’accélérait.  
L’être semblait grossir.  
L’homme, s’épanouissant dans les moindres plis de son esprit, savourait la vie. Assis en tailleur sur son rocher, peut-être était-il en train de s’élever ?  
L’être semblait grossir.  
Physiquement bien au sol, son esprit en lévitation, l’homme se ressaisit. Tout à coup, il effectua un saut périlleux, s’agrippant au dernier moment à la paroi rocheuse, dix mètres en contrebas. 
L’être était passé à l’attaque.  
Sans qu’il comprenne ce qui lui arrive, le lézard se paralyse. Son corps, qui était devenu monstrueux, ne demandait qu’une chose : tuer l’homme. Mais son esprit était bloqué, comme si l’homme en avait pris le pouvoir.  
L’homme était passé à l’attaque.  
Le lézard se précipita alors dans le vide, un ordre bête et méchant lui avait ordonné de se tuer.  
L’homme reprit alors sa place sur son rocher. Parcourant à nouveau les plis les plus intimes de son esprit.  
La terre se mit soudain à trembler.  
L’homme soupira intérieurement : ne pouvait-il pas savourer la vie comme bon lui semble ? Ne pouvait-il pas parcourir les différents chemins de son esprit, sans devoir traverser les ponts qui menaient à ceux des autres ?  
La terre s’arrêta de trembler.  
Stalagatir était à nouveau calme, mais l’homme savait que cela n’allait pas durer. Conscient que le combat serait dur, et qu’il ne pourrait se terminer par une victoire, il se préparait.  
La terre se remit à trembler, un hurlement. 
Il ne devrait pas se terminer par une victoire, puisque ce serait une défaite. Une défaite pour lui, une défaite pour les mondes, une défaite pour tout le monde.  
Soudain, elle apparut.  
A deux kilomètres de l’homme, elle semblait se préoccuper d’autre chose. Etonné, il se figea. Analysa la situation, puis comprit ce qui se passait.  
Il devait faire vite. Sauver son avenir, celui des mondes, celui de l’araignée, celui de l’inconnu. S’entremêlant entre son esprit et l’état physique, il volait à leur rescousse. Arriverait-il à temps ? 
  
Chapitre 1 
 Numéro 7 et Numéro 7 « bis » 
  
 « Pensez-vous vraiment que cette Organisation des Commanderies Unies est une bonne idée ? demanda Numéro 2, sur un ton irrité.  
- Je pense que cette organisation permettra d’aborder de nouveaux aspects de l’insolite, répondit Numéro 6, sur le même ton.  
- Mais vous savez très bien que ce genre d’organisations peut être dangereux pour le collège, répliqua Numéro 3. Leur laisser du pouvoir serait… 
- Du pouvoir, l’imita Numéro 5. Vous pensez qu’à votre pouvoir, c’est ça ?  
- Calmez-vous. » Tenta timidement Raphaël.  
Raphaël avait été promu séide en 2012 après de longues péripéties qui avaient sauvé la confrérie… et le monde. Sa sœur, Raphaëlle, fut elle aussi promu en 2013, après une longue mission qu’elle avait menée à bien.  
Depuis cela, on peut penser qu’ils vivaient tranquillement une vie de séide normale.  
Non. En janvier 2017, l’ancien Numéro 7 avait mené une mission très périlleuse. Il l’a couronna avec succès, mais elle lui avait coûté la vie. Le chancelier connaissant ce risque avait laissé derrière lui, avant d’entamer son enquête, un long testament. Ce testament, étant très important (puisqu’il désigne toujours le successeur d’un chancelier), avait été retrouvé une semaine après l’annonce de la mort du chancelier. On y avait alors retrouvé le successeur de Numéro 7 : Raphaël et Raphaëlle Chêne. En effet, le ‘’chef’’ de la Chancellerie du Louvre avait sûrement pensé que ces deux jeunes séides seraient ses parfait successeur.  
Depuis, les jumeaux vivaient une vie inédite. Une vie de chancelier. 
L’ancien chancelier n’avait pas tort en les désignant, certes, mais les autres chanceliers avaient eu du mal à l’accepter, ainsi que les autres membres de la confrérie. Non seulement par ce que les jumeaux seront deux à occuper le même poste, mais aussi à cause de leurs âges : ils n’étaient pas encore majeur ! 
Depuis cela, de vives tensions subsistaient mais la dernière volonté de l’ancien Numéro 7 avait été respectée. Raphaëlle et Raphaël, bien que timides, prirent leur tâche au sérieux et imposaient donc, au fur et à mesure, le respect de leurs collègues. La situation demeurait néanmoins inédite. On avait un Numéro 7, et un Numéro 7 « bis ».  
Numéro 2 repassa à l’attaque : 
« Il ne s’agit là pas de notre pouvoir, mais de celui que l’on donne.  
- Mais ce pouvoir sera utilisé pour le bien de notre patrimoine, pour le bien de la confrérie », renchérit Numéro 5, qui avait fait taire Numéro 3 quelques secondes auparavant. 
Tout à coup, tout le monde se tut. Un grésillement perça le silence. Un nouvel hologramme allait apparaître autour de la table, à la place où était inscrite ‘’Numéro 1’’ : c’était Maëstrom ! Le Chancelier suprême dont l’identité était tenue secrète. 
 L’hologramme qui apparut était donc crypté : impossible de reconnaître qui était le mystérieux chancelier. 
« Cher Maëstrom, nous sommes ravis de vous voir ! Tenta Numéro 2.  
- Numéro 2, que signifient ces querelles ? Questionna le grand chancelier. Tout d’abord, vous tentez d’interdire la succession de Numéro 7, alors qu’une des règles primordiale est le Secret de l’identité des chanceliers, mais outre ce non-respect de la règle des trois ‘S’ vous osez lever le ton lors d’un collège ? Vous me décevez… 
- Mais… Répliqua l’intéressé.  
- Il n’y a pas de mais, vos comportements me dépasse. J’espère qu’ils vont changer dans l’avenir. » 
Un autre chancelier voulait répondre, mais déjà l’hologramme avait disparu.  Raphaël prit alors la parole : 
« Je pense que le collège est clos, nous reprendrons notre débat avec un sang refroidit. Qu’en pensez-vous ?  
- Sirrrr Rrrraphaël a rrrraison », dit soudain Sparadrap, le fidèle komolk de Raphaël.  
Raphaël était devenu écarlate, le komolk n’avait pas le droit de se prononcer lors d’un collège. Il n’avait même pas le droit d’y assister. Mais bien heureusement, les neuf hologrammes présents autour de la table avaient déjà disparu.  
« Ce n’était pas malin », dit Raphaëlle. 
Bien qu’ils fussent deux chanceliers, un seul des deux avait le droit de se prononcer lors d’un conseil. L’autre put uniquement y assister.  
« Qu’est ce qui t’as poussé à parler ? C’est incroyable ! S’énerva Raphaël.  
- La faim, sirrrr Rrrraphaël, la faim.  
- La faim, c’est ça, soupira Raphaël. 
- Raph, c’était à toi que je parlais. Pourquoi l’as-tu amené ?  
- C’était important qu’il soit présent lors de ce collège. Les Komolks souhaitent avoir une délégation à l’OCU. 
- Mouais. C’est interdit, tu le sais très bien, dit Raphaëlle en faisant comprendre à son frère que le sujet était clos. Tu penses que l’OCU est une bonne chose ?  
- Je ne le sais pas, sœurette, dit Raphaël. Je ne le sais pas », se répéta-t-il, songeur.  
Ils restèrent ainsi, bouche bée, durant de longues secondes avant que Sparadrap s’impatiente : 
« Il semblerrrait que Sirrrr Rrrraphaël n’a pas comprrrrit mon message.  
- Oui, tu as raison Sparadrap, moi aussi j’ai faim ! S’exclama Raphaëlle.  
- On a qu’à retrouver Tristan au restaurant de la Chancellerie, proposa Raphaël. 
- Bonne idée ! répondit Raphaëlle en saisissant son portable. Tristan, lui ordonna-t-elle. Allô Tristan. Ça te dit de venir au restaurant de la commanderie manger avec nous ? Une bonne nouvelle ? Super ! Tu nous raconteras tout cela tout à l’heure ! A tout de suite !  
- Superrr ! S’exclama Sparadrap. Je vais enfin pouvoirrr avoirrr des paquets de billes qui mérrrritent le titrrre de vrrraies frrriandise ! » 
Eclatant de rire, les trois amis quittèrent la salle où se réunissait le collège des chanceliers. Ils étaient tous les trois heureux. Profondément heureux.   
  
Chapitre 2.  
La carte.  
  
            Arrivés au restaurant, les deux séides et le komolk retrouvèrent Tristan, les attendant assit à une table. Il semblait de bonne humeur.  
            Comme à son habitude, Tristan portait son traditionnel nœud papillon. En effet, il avait coutume de porter une cravate, puis un nœud papillon, une année sur deux. Cette coutume, bien qu’attirant les taquineries de ses filleuls, le rendait heureux et lui permettait de changer, tous les ans à la Saint Sylvestre.  
            Le restaurant était plein. Beaucoup de vacanciers effectuaient une visite du Louvre, ou du monde insolite de Paris. Le bruit courrait même que James Flunch avait réussi à libérer le célèbre fantôme de la rue Notre Dame. Bref, les discussions étaient conviviales et la salle riche en éclats de rire.  
            « Je vous en prie, que voulez-vous que je vous serve ? » demanda le serveur avec un accent italien.  
            Les jumeaux firent semblant de lire rapidement la carte avant de répondre, en cœur : 
            « Des spaghettis bolognaise, comme d’habitude ! » 
            Tristan éclata alors de rire ; ses filleuls ne changeront jamais ! Un sourire au coin des lèvres, il engagea la conversation : 
            « Alors, ce collège s’est-il bien passé ?  
            - Mouais, répondit son filleul.  
            - Les chanceliers ont du mal à être d’accord sur certains points, expliqua Raphaëlle. Cela mène à des querelles. Aujourd’hui, Maëstrom en personne a dû intervenir.  
            - Toujours ces tensions ? Cela fait plus de sept ans, aujourd’hui, remarqua Tristan.  
            - Sept ans que nous sommes chanceliers… Et j’ai bien peur que ces querelles ne s’arrêtent plus, s’inquiéta Raphaëlle. 
            - Certes, mais avec le temps, ça se dissipera. Ils sont jaloux, Raphaëlle. Ils sont jaloux… De mon côté, j’ai une excellentissime nouvelle ! 
            - On t’écoute, s’exclamèrent les deux séides en même temps, curieux.  
            - Vous vous rappelez, il y a douze ans, nous nous sommes tirés de nos péripéties en Egypte grâce à une carte des portails d’outre temps, créée par Mickey l’alchimiste et son fidèle komolk Akmolek.   
            - Oh oui, Akmolek, qu’il était sympathique ce jeune komolk…  
            - Il avait fait cette carte en se basant sur le départ-retour d’un portail, et avait cherché le coefficient qui les séparait grâce à son théorème qui … 
            - Oui, s’impatienta Raphaël.  
            - Tu as raison, je m’écarte du sujet. Alors moi, j’ai repris le même coefficient (sur lequel était basée la toile des portails d’outre-temps) pour chercher les portails d’outre-monde retour, expliqua Tristan. Ainsi, j’ai créé la première carte des portails d’outre-monde. Ce fut compliqué et long, mais la carte tient debout. J’ai même conclu qu’il fallait passer par trois portails pour retrouver le nôtre car on n’est plus sur une toile à deux dimensions (le temps, et le lieu) mais dans une toile à trois dimensions (le temps, le lieu et l’espace).  
            - C’est génial ! » S’exclamèrent en cœur les jumeaux.  
Sparadrap étant occupé à dévorer son énième bocal de billes ‘à la bolognaise’ ne fit pas attention aux regards réprobateurs qui s’étaient fixé sur lui, soulignant son manque d’intérêt à la conversation.  
« Oui ! répondit Tristan. Douze ans de travail secret sont terminés avec ce succès, je suis très fier de moi…. Et de vous ! 
- Nous aussi, Tristan, on est très fier de toi, le félicita Raphaël.  
- Je vais présenter la carte au cercle des alchimistes, demain, les informa Tristan. Avec un peu de chance, je vais devenir alchimiste.  
- Tu veux quitter la confrérie ? S’inquiéta Raphaëlle.  
- Mais non, les alchimistes sont des séides qui consacrent leur vie à la recherche, et non aux missions, lui expliqua Raphaël. C’est un immense honneur d’être alchimiste. Autant que d’être chancelier. D’ailleurs, il existe des alchimistes chanceliers. Contrairement à nous, qui sommes des chanceliers qui mènent des enquêtes sur le terrain, ils étaient auparavant des illustres alchimistes et gardent donc ce titre.  
- Oui, Numéro 8 et Numéro 10 sont des alchimistes-chanceliers, affirma Tristan.  
- Mais c’est génial, alors !!! » S’exclama Raphaëlle. 
Sparadrap, ayant dévoré l’ensemble de ses bocaux leva alors la tête.  
« Cette carrrte serrra-t-elle appliquée en prrratique ou rrreste-elle de la théorrrie ?  
- Je l’ignore, Sparadrap », lui répondit Tristan.  
Visiblement déçu, il baissa la tête.  
« Tu espères retrouver tes origines, c’est ça ? » questionna Raphaëlle.  
Sans qu’il lui réponde, la réponse était clairement un ‘’oui’’. Triste, Raphaël tenta de le consoler :  
« Ne t’inquiètes pas, je te promets que je t’aiderai à retrouver tes origines, comme Raphaëlle et Tristan l’on fait pour Arthur ! » 
Mais cette phrase eut plus d’effet sur Tristan que sur le komolk : Tristan était soudain profondément inquiet sur les projets de son filleul.  
  
Chapitre 3.  
Le cercle des alchimistes. 
  
            Après le repas, Tristan, Raphaël, Raphaëlle et Sparadrap sortirent encore une bonne heure à l’air libre.  Ils longèrent la scène à pied tout en se racontant des histoires drôles qu’ils avaient rencontrées lors de leurs enquêtes. Il était déjà tard dans l’après-midi lorsqu’ils se séparèrent.  
            « A bientôt, parrain ! Ne fais pas trop de bêtise, lui dit Raphaël.  
            - Et bonne chance ! L’encouragea Raphaëlle. 
            - Merci ! Je vous contacterai le plus tôt possible ! » Répondit Tristan avant de les quitter, se dirigeant vers l’entrée de la gare de Lyon.  
            Depuis qu’ils étaient chanceliers, ils n’étaient plus vraiment les mêmes. Ils avaient beau avoir une vingtaine d’année, ils semblaient avoir mûri du double. Mais cela ne se faisait guère sentir au sein de leurs caractères. En effet, Raphaël était encore gaffeur et Raphaëlle toujours aussi timide. Le lien les unissant avec leur parrain en était reconnaissant : tout n’avait pas changé, entre eux.  
            Tristan prit le train pour le nord-ouest. Le cercle des alchimistes avait la coutume de se tenir dans la traditionnelle forêt de Brocéliande, en Bretagne ; la forêt de Merlin, le célèbre alchimiste.  
            Lorsqu’il arriva à Brocéliande, il était déjà dix-neuf heures. Le point de Rendez-vous avec son accompagnateur était fixé à l’office de tourisme.  
            Tristan y découvrit un vieil homme, âgé d’environ quatre-vingt-dix années.  
            « Par la barbe de Merlin, la forêt de Brocéliande semble vaste. Seriez-vous capable de m’y emmener ? demanda Tristan.  
            - Vous me croyez jeune comme un lapin ? Si vous me demandez mon avis, Saint-Georges même vous aurait refoulé.  
            - Ne suis-je pas digne de l’alchimie ?  
            - Là n’est pas la question.  
- La question provient de la pierre.  
- Et la réponse provient su cœur.  
- Ne suis-je pas digne de l’alchimie ? se répéta Tristan.  
- Suivez donc le renard. » Conclu le vieil homme en lui serrant la main.  
            Cet étrange dialogue, que Tristan avait dû apprendre par cœur, était un vieux rituel qui permettait d’identifier son accompagnateur.  
            Un accompagnateur était en quelque sorte un parrain occasionnel lors du Cercle des Alchimistes. Il accompagnait l’invité dans la vaste forêt de Brocéliande jusqu’au lieu où se tenait le Cercle.  
            Il est grand temps d’en dire un peu plus ce cercle. 
            Ce cercle avait été fondé par Merlin en personne. Ce dernier souhaitait rassembler le savoir et la recherche des plus illustres alchimistes de l’époque pour créer une puissance intellectuelle, et pour progresser dans les découvertes du monde de l’insolite.  
            Ce fut ses successeurs qui, après de maintes négociations avec leurs ‘’Collègues’’, avaient rattaché ce cercle avec la confrérie des chevaliers de l’insolite. Bien que demeurant indépendant, cette union eut de nombreux fruits. Tant dans le domaine de la recherche et de la découverte, que dans les relations entre ces deux organisations traquant l’insolite.  
            Ainsi, un chevalier de l’insolite pouvait, depuis les années 1650, devenir Alchimiste.  
            Tristan suivait déjà son accompagnateur depuis plus d’une demi-heure dans une forêt qui, dès les premiers pas, pouvait déjà être qualifiée de labyrinthe.  
            C’est après une heure de marche qu’ils arrivèrent enfin devant une espèce de caverne. Tristan pu apercevoir une source de lumière, très faible. Mais une porte l’empêchait de deviner ce qui se trouvait à l’intérieur.   
            Son accompagnateur, qui s’était tut tout le long de la randonnée, lui expliqua simplement qu’ils étaient arrivés, avant de s’éclipser. Tristan ne put se retenir de sursauter lorsqu’il remarqua que son accompagnateur avait tout simplement disparu.  
            Après avoir attendu de bonnes minutes, une femme d’une soixantaine d’années lui ouvrit la porte, un sourire aux lèvres : 
            « Entrez, Chevalier Milan ! » L’invita-t-elle.  
            Le séide, sans avoir le courage de lui répondre, la suivit. Il entrait alors dans une immense caverne illuminée par une centaine de chandelles. Une cinquantaine d’alchimiste, plus ou moins âgé mais dont la moyenne d’âge devait certainement tourner autour de soixante-quinze ans, le dévisageait. Tristan ne connaissait aucun d’eux, mis à part l’alchimiste l’ayant accompagné jusqu’à ce lieu.   
            Après un long moment pendant lequel il se sentait dépassé, ce qui ne lui était pas coutume, le chevalier de l’insolite se ressaisit. Il présenta alors la carte, fruit de ses longues recherches. Après avoir expliqué d’où lui était venue cette inspiration, il raconta comment il s’y était pris.  
            Ce discours, qui avait duré plus de deux heures, aurait été ressenti pour de la torture pour tout homme normalement constitué. Mais aucun des alchimistes ne semblait être ennuyé. Tous l’écoutaient, sans essayer de cacher leur curiosité, ni même leur admiration, envers le travail du séide.  
            Lorsqu’il eut terminé, de nombreuses questions fusèrent. Une seule marqua la séance. Ce fut celle de celui qui semblait être le plus important, puisque tous l’écoutaient avec attention lorsqu’il prit la parole : 
            « Cher Chevalier Milan. Nous sommes prêts à vous accepter parmi nous, et cette question n’y changera rien, mais voilà. Il met important de la poser… 
            - Allez-y, dit Tristan en se réjouissant de la nouvelle.  
            - Bien que la théorie prouve que votre carte est juste. Ne serait-il pas d’une grande importance de l’essayer en pratique afin de prouver qu’elle fonctionne ? » 
            Jamais, Tristan n’y avait réfléchi. Ainsi, lorsque le vieil alchimiste lui posa la question, il ne put y répondre. Un collègue, compatissant envers le malaise du séide changea alors de sujet : 
            « Je crois qu’Oufrieth était clair ! Ce travail mérite le rang d’alchimiste ! Qu’en pensez-vous ?  
            - En effet, cette recherche est d’une grande qualité ! Pourrions-nous voir la carte, s’il vous plaît, Chevalier Milan ? demanda l’un de ses collègues.  
            - Bien sûr ! répondit Tristan.  
            - Bref ! Suivez le grand Oufrieth, futur collègue ! » Lui dit l’alchimiste qui lui avait ouvert la porte.  
            Tristan devint alchimiste le soir même. Bien qu’il fût fatigué après cette longue nuit pleine de discussion avec ses nouveaux collègues, il était profondément heureux, mais quelque chose au fond de lui disait que ça n’allait pas durer…  
  
Chapitre 4.  
Nostalgie. 
             
Une semaine s’était écoulée.  
            Les jumeaux avaient appris l’excellente nouvelle provenant de leur parrain. Ils étaient très heureux, mais quelque chose semblait gâcher ce bonheur. En effet, depuis leur rencontre avec leur parrain, Sparadrap n’était plus le même.  
Il était triste. Une folle envie rageait en lui : être le premier komolk à regagner ses origines. Et même tout simplement : retrouver ses origines. Qu’il soit le premier ou pas, il s’en fichait.  
Depuis, il ne charriait plus Raphaël. Il ne courrait plus après les friandises… Il était tout simplement triste.  
« Lorsque Sirrrr Rrrraphaël m’avait promis de retrouver mes origines, était-il sérieux ? Demanda-t-il un soir à Raphaël.  
- Oui, Sparadrap. Je l’étais, lui répondit-il ;  
- Pensez-vous que c’est une bonne idée ? Aprrrès tout, vous êtes un humain.  Et pas n’imporrrte lequel !  
- Justement, je suis ton ami, et tant que je te verrai triste, je le serai aussi. Ainsi, c’est décidé, je t’aiderai. Ce n’est pas un hasard si nous sommes deux Numéro 7. Pendant que je serai en mission, Raphaëlle se chargera de la chancellerie.  
- Et Trrristan ? S’inquiéta le komolk. 
- Tristan comprendra mon choix, expliqua Raphaël avant de marquer une pause. Enfin, je l’espère… ». 
  
Chapitre 5.  
Le départ. 
             
Durant les jours qui suivaient, Sparadrap avait retrouvé le moral. Ainsi, il reprit son habituel appétit et son goût à charrier son ami.  
            Raphaël, lui, préparait son départ.  
            Craignant la réticence de son parrain, il se procura lui-même la carte en rencontrant le grand Oufrieth. Ce dernier lui donna une copie de la carte. Il ne cachait pas sa joie de voir ce document mis à l’épreuve.  
            Ensuite, Raphaël mit deux jours à préparer le nécessaire pour survivre. Ainsi, voici ce qu’il avait rassemblé dans son ‘’sac sans fond’’ : une tente ‘’unsechtbar’’ (permettant de camper en toute invisibilité), des provisions pour plus de deux ans (et une soixantaine de paquets de billes, ainsi qu’une centaine de fermetures éclairs, vous comprendrez pourquoi), deux vestes thermiques, de l’eau en poudre, trois couptous, deux capes d’invisibilité et la carte, bien sûr. Il emmena aussi une encyclopédie, si jamais il rencontrait une forme de société. Ainsi, il pourrait leur expliquer d’où il venait et ce qu’il cherchait avec un support de qualité.  
            Le chancelier fixa son départ pour octobre, ce qui lui laissait deux mois.  
            Il avait encore beaucoup de choses à faire. Son poste de chancelier lui interdisait de toute façon de partir en mission du jour au lendemain. Il devait annoncer ses projets au collège.  
            Ce qui l’ennuyait était qu’il souhaitait révéler son projet à Raphaëlle et à Tristan en même temps, ce qui n’était pas possible s’il le disait en collège.  
            Mais, ce fut un appel de Tristan qui résolut ce problème : il était devenu chevalier d’honneur de la confrérie, grâce à sa carte des portails ! Cet honneur lui permettait d’assister aux collèges (mais pas d’y participer, bien sûr).  
            Raphaël décida donc d’annoncer son départ durant le collège du 14 septembre. Durant le mois qui le séparait de cette date, il inspectait la carte des portails. Tristan avait établi un réseau de trente portails. Le plus dur             sera de se repérer et de les trouver dans les autres mondes. Mais cela devrait être possible… A moins qu’une civilisation les cache. Mais le séide chassa rapidement cette idée de sa tête.  
            Il fallait trouver le portail le plus approprié pour revenir. Ce qui était embêtant était qu’il fallait toujours passer trois portails… Et surtout passer par le monde des Komolks.  
Mais le jeune homme était confiant. 
En tant que chancelier, il œuvra encore pour la création d’une délégation Komolk au sein de l’OCU. L’Organisation des Commanderies Unies fut finalement acceptée par les dix chanceliers. L’intervention de Maëstrom avait mis un terme aux querelles ; le sujet était clos.  
            Et le temps, comme à son habitude, passait vite. Raphaël avait réussi à convaincre son parrain d’assister au Collège du 14 septembre.  
            « L’Alchimie pourrait jouer un plus gros rôle dans l’organisation, proposa Numéro 2. On pourrait même former certains séides à l’alchimie… 
            - Ce serait une bonne idée ! » Répondit Raphaëlle.  
Ce jour-là, ce fut elle qui participait. 
            « Qu’en pensez-vous cher alchimiste ? Demanda Numéro 8 en s’adressant à Tristan.  
            - C’est une bonne idée, mais je ne suis pas Oufrieth… dit-il timidement.  
            - Certes.  
            - Je propose de clore ce collège à moins que vous ayez d’autres sujets à débattre, conclu Numéro 3.  
            - Moi, j’ai encore un sujet à traiter. » Dit Raphaël.  
            Tout le monde le dévisageait, étonné. Avant, il aurait été ignoré, mais depuis que les tensions étaient une histoire ancienne, ses collègues étaient devenus plus souples.   
            « Nous vous écoutons, Numéro 7 « bis », dit Numéro 11.  
            - Je vais partir en mission le premier octobre, commença Raphaël. Cette mission sera de long terme. Vous connaissez tous l’exploit de mon parrain Tristan Milan. 
            - Oui, bien sûr, répondit Numéro 4 sans se rendre compte qu’aucune réponse n’était attendue.  
            - Cette carte théorique pouvant nous faire voyager dans les mondes. Eh bien moi, je vais essayer cette carte. (Une tension nouvelle accompagna cette nouvelle) Je vais amener Sparadrap, mon fidèle Komolk, et tenter de retrouver la trace de ses origines. Pendant ce temps, je laisse la chancellerie à ma sœur jumelle. Ma décision est sans appel.  
            - Très bien, dit alors Raphaëlle à la surprise de tous. La séance est terminée, au revoir. » 
            Les hologrammes disparurent alors tous.  
            L’angoisse était lisible dans les visages de Tristan et de Raphaëlle. Mais aucun des deux semblaient avoir un air de reproche. Dans tous les cas, ils étaient tristes.  
            « On le savait déjà, dit Raphaëlle, songeuse. C’était prévisible. » 
            Tristan était resté muet.  
            « Pour ramener Sparadrap chez lui, il faudra passer par le portail des grottes de Lascaux, expliqua Raphaëlle, j’ai étudié la carte. »  
            Raphaël l’écoutait, mais était lui-même triste.  
            « Et je pense que le mieux est que tu partes tout de suite. Plus tu pars rapidement, plus rapidement tu seras revenu ! 
            - Oui ! Confirma alors Tristan. Je suis sûr que tu reviendras. Mais j’ai peur. J’ai peur d’avoir mal tracé la carte, de… Il s’arrêta. De te tuer.  
            - Ne t’inquiète pas, parrain chéri. Ta carte est parfaite. 
            - Je l’espère. » 
            Après une heure de séparations douloureuses, Raphaël les quitta et prit le train direction Lascaux.  
            Arrivé à destination, il déposa une lettre pour son parrain et sa sœur. Il savait qu’il la retrouverait.  
            Puis, il traversa le portail.  
            A l’instant même où il traversa le portail, Raphaëlle ressentit une vive sensation. La même que Raphaël avait ressenti lorsque c’était elle qui avait traversé un portail d’outre-temps. Tristan, lui, fondit en larme.  
            Son bonheur n’avait pas duré.  
  
Chapitre 6.  
Un autre monde. 
  
            Raphaël atterrit les deux pieds joints sur de l’herbe sèche. Il était arrivé au milieu d’une grande steppe. L’air était glacial. Le paysage était comparable à celui de Mongolie.  
            Raphaël avait déjà été en Mongolie, et il savait que les conditions y étaient difficiles…  
            Après avoir regardé sa carte, il vérifia si sa boussole fonctionnait encore. Et elle fonctionnait encore ! Il était donc sur une planète. Sur Terre, il serait arrivé au Mexique, et le portail qu’il devait emprunter était au Maroc. Ce serait donc un long chemin. Mais il avait le temps, et il ne devait surtout pas se précipiter.  
            De plus, s’il faisait aussi froid à la hauteur du Mexique, qui est un pays tropical, quelle température faisait-il à la hauteur de Paris ? Et de  la Scandinavie ?  
            Cette pensée glaça le sang de Raphaël. Il se décida donc de se mettre en route vers l’Est, puisque s’il rencontrait une mer ou pas, son périple devrait se terminer au Maroc, qui est à l’Est du Mexique. Enfin, on parle de « Maroc » et de « Mexique », mais ce monde était certainement bien différent du nôtre…  
            Cela faisait déjà deux semaines qu’ils marchaient péniblement dans un paysage qui semblait être sans fin, et Sparadrap, contrairement à son habitude, n’avait pas dit un mot depuis leur départ, mis à part les informations essentielles tel que : « J’ai faim, Sirrrr Rrrraphaël ! ».  
            Raphaël s’était promis de ne pas puiser dans ses réserves. Il chassa donc quelques petites bêtes, comparables à des gros rongeurs, de la taille d’un teckel, avant de les soumettre à un test de comestibilité. Le test étant positif, il put se nourrir de ces petites créatures tout le long de leur voyage, ainsi que de plantes mi- chou, mi- brocoli. En fait, cette plante ressemblait à un brocoli mais avait le goût d’un chou-fleur… Décidemment, ce monde était étrange. Mais pour l’instant, il restait assez fidèle au nôtre.  
            Sparadrap se nourrissait de petits cailloux qu’il trouvait au sol, qui étaient à base de minerai de fer (ou d’un métal semblable), lorsque Raphaël lui demanda :  
            « Pense tu que tu viens de ce monde ? 
            - Je ne sais pas encorrre… Mais je pense que je viens du second monde, puisque mes ancêtrrres avaient passé un porrrtail, mais cerrrtainement pas un deuxième.  
            - C’est sûr. » Affirma Raphaël. 
            Ils mirent deux mois à traverser les grandes steppes. Mis à part les gros rongeurs, des plantes et le froid, ils ne rencontrèrent personne… et le paysage était toujours le même. A croire qu’ils tournaient en rond ! 
            Mais durant le soixante-huitième jour, des hautes montagnes semblaient se dresser devant eux. Et, le lendemain, c’étaient des montagnes hautes comme le Mont Blanc qui se dressaient devant eux.  
            Ils étaient soulagés ! Enfin, le paysage changeait. Mais, en même temps, un nouvel endroit signifie aussi des nouvelles surprises, et des nouveaux dangers. Ils auraient été, sur terre, à la fin du Golfe du Mexique, donc au début de l’Océan Atlantique.  
            Plus ils approchaient les montagnes, plus il faisait froid. Raphaël se demanda s’il ne fallait pas faire le tour des montagnes. Mais la chaîne semblait infiniment large ; le détour aurait été bien trop long. Et en plus, ils avaient leurs vestes thermiques.  
            Ce fut seulement au bout du quatre-vingt-et-unième jour qu’ils arrivèrent au pied de l’immense chaine.  
            « Parrr où allons-nous passer, Sirrrr Rrrraphaël ? Demanda Sparadrap.  
            - J’ai vu une pente moins escarpée, à droite, lui répondit le séide. Cette pente nous mènera certainement sur une basse vallée, aux pieds des montagnes.  
            - Il rrrisque de fairrre frrroid, remarqua Sparadrap en expirant de l’air givré. Il va fairrre en dessous de 0 degrrrés, et l’eau que l’on trrrouvait dans les steppes serrra glacé !  
            - Certes. Mais on est équipé pour le froid, et on aura qu’à faire fondre de la neige et de la glace pour en faire de l’eau. » Répondit simplement le chancelier avant de se retourner pour contempler la gigantesque montagne qui les surplombait,  
« Allons-y ! » Dit-il finalement.  
Grimper la pente fut difficile. Ils mirent deux jours avant d’arriver au col. Sparadrap avait retrouvé sa joie de ronchonner, et de taquiner son ami. Cela soulagea Raphaël qui commençait déjà à éprouver de la solitude. A deux, l’aventure était bien plus plaisante ! 
Du haut du col, ils avaient une belle vue. Ils virent jusqu’au fin fond des steppes, qui semblaient former un réel arc au tour des montagnes. Derrière eux, comme Raphaël l’avait prédit, s’étendait une fine vallée.  
La vallée était pleine de végétation et d’arbres épineux vert foncés. Presque noir. Les arbres captaient le moindre rayon de soleil destiné à les réchauffer.  
Et, justement, un événement heureux se produisit : les nuages se dispersèrent durant la matinée du quatre-vingt-cinquième jour, laissant la place à un magnifique soleil. Leur soleil était plus petit que le nôtre ; raison pour laquelle il y faisait plus froid. Mais, ses puissants rayons mirent que quelques heures à réchauffer l’ensemble du paysage de ce monde.  
Raphaël et Sparadrap étaient restés au col afin de se reposer dans leur tente.  
            « Le soleil est moins puissant que le nôtre mais réchauffe plus rapidement l’atmosphère, observa Raphaël. Soit la couche d’ozone est moins importante, soit les gaz à effets de serre sont plus nombreux. Dans tous les cas, il va falloir se protéger du soleil avec de la crème solaire.  
            - Faites ce que vous voulez, Sirrrr Rrrraphaël. Mais jamais je m’empoisonnerrrrai. » Dit Sparadrap.  
            Et Raphaël respecta le choix de son ami. Mais, après avoir mangé les deux derniers rongeurs des steppes et s’être mis en route, Sparadrap changea vite d’avis.  
            Il était déjà rouge vif, ce qui est étonnant pour la peau d’un komolk. Ainsi, il se répandit à contre cœur de la crème blanche sur le corps ; sa couleur de peau était à nouveau normale.  
            Décidemment bizarre, ce monde. Pensa Raphaël.  
            Après une longue descente pendant laquelle une nouvelle végétation noire et épineuse s’installait, Raphaël et son fidèle komolk longeaient différents petits glaciers. Les plus petits d’entre eux fondaient déjà, laissant la place durant les jours qui suivaient à un grand lac. Le plus étonnant fut que des poissons y nageaient déjà.  
            Raphaël décida de faire une pause d’une semaine. Ils avaient déjà bien avancé, puisqu’il ne leur restait ‘’plus que’’ 5900 kilomètres. Peut-être un peu plus car, se souvenant d’une leçon d’astrophysique, Raphaël savait que les planètes plus éloignées de leur soleil sont aussi plus grosse. Il leur resterait donc, d’après ses calculs, 6200 kilomètres à parcourir. Soit un peu plus de la moitié de l’océan atlantique et du Maroc, sur Terre, bien entendu.  
            Après avoir vérifié si l’eau était potable, et si les poissons étaient comestibles, les deux amis prirent une joie folle à pêcher. Sparadrap se transformant en petit radeau, Raphaël péchant des poissons à l’aide d’un filet improvisé qu’il avait construit grâce à l’herbe noire qui était longue, résistante et douce ; ressemblant donc à des cordelettes. 
            Leur joie était tellement grande qu’ils restèrent deux longs mois. Deux longs mois durant lesquels ils pêchèrent et partirent en expédition sur le lac. Le seul incident à déplorer s’était passé un matin. Alors que Raphaël nageait sur le bord, un énorme poisson le tira vers le bas : c’était une sorte de silure. Si Sparadrap n’était pas là, ça aurait pu mal finir. En effet, le komolk se transforma en un grand poisson. Il avait donc l’air meilleur et le silure, gourmand, laissa Raphaël pour s’attaquer à Sparadrap. Sans hésiter, il se retransforma en ancre de bateau et fut donc bien peu comestible. Le tour joué, il s’occupa de Raphaël.  
            Mis à part une grande morsure qu’il soigna sans attendre, il n’était pas blessé.  
            Ils décidèrent donc de partir trois jours après. C’était déjà le cent-soixante-dixième jour ; le temps passait vite, pour eux. Et le soleil ne les avait pas encore quittés...  
            Cent quatre-vingt jours plus tard, les deux arrivèrent enfin au bout de cette longue chaîne qui, de ce côté comme de l’autre, forme un long arc. Jusqu’à présent, le voyage était (presque) sans problèmes.  
Les provisions étaient intactes et d’après les calculs de Raphaël, ils n’avaient plus qu’une cinquantaine de kilomètres à parcourir pour rejoindre le premier des deux portails.  
            La première année était passée.  
  
Chapitre 7.  
Une longue absence. 
  
            Un an.  
            Cela faisait déjà un an que Raphaël et Sparadrap les avaient quittés. Au-delà de la tristesse, Raphaëlle et Tristan étaient aidés par leur espoir. Et leurs fonctions.  
            En effet, la jeune chancelière n’avait pas encore vu son parrain travailler autant. Elle avait l’impression que l’alchimie le soutenait comme une corde le faisait pour un alpiniste.  
            Mais elle aussi avait besoin de son métier de chancelier pour résister à l’immense détresse qui la rongeait.  
            Huit mois après le départ de son frère, elle avait dû se rendre aux grottes de Lascaux. C’était comme si un ordre invisible le lui avait obligé. Cet ordre provenait certainement de son chagrin… 
            En tout cas, cela lui fit du bien. La lettre que son frère lui avait laissée, à côté du portail, la fit renaître. Son espoir était de nouveau présent. Et celui de Tristan aussi.  
            Un soir, ils en parlèrent.  
            « Tu penses qu’il a déjà franchi le premier portail, demanda Raphaëlle.  
            - Non, répondit Tristan. Mais il est encore en vie, c’est certain. 
            - Comment le sais-tu ?  
            - Il serait passé nous dire au revoir. » Lui dit mystérieusement son parrain.  
            Le monde de l’insolite était étrange. Raphaëlle le savait. Bien qu’elle eût déjà vécu un grand nombre de péripéties, elles s’étaient presque toutes terminées en son avantage. Ainsi, elle ne s’était encore jamais préoccupée de la mort. Certes, comme tout homme elle se posait des questions, mais elles étaient justement banales. A partir de ce jour, elle se mit à réfléchir ce que pouvait être la mort, dans le monde du strom. 
Elle questionnait aussi son parrain. Elle voulait savoir comment Tristan l’avait vécu, mais très vite, elle comprit que cela leur ferait plus de mal que de bien.  
Raphaël n’allait pas mourir, ils en étaient certains.  
  
Chapitre 8.  
L’inconnu. 
  
« Que c’est joli, s’exclama Raphaël.  
- Il semblerrrait que cette rrrégion soit plus agrrréable ! Remarqua Sparadrap en contemplant la verdure.  
- Si tu as de la chance, il y aura peut-être des rivières de billes et de fermetures éclairs ! » Plaisanta Raphaël.  
Sparadrap, le prenant au sérieux, semblait sombrer dans ses rêves.  
Jusqu’à présent, la Terre ne leur avait pas manquée. Mais leurs regards semblaient tout de même être nostalgiques, de temps à autre.  
Soudain, Raphaël se figea : 
« Tu l’as vu ? » Lui chuchota-t-il. 
Sparadrap, tiré du monde des rêves, ne réagit pas. 
« Tu l’as vu ? Répéta Raphaël.  
- Vu quoi ? Demanda Sparadrap.  
- Il me semblait avoir vu un homme, au-dessus de la montagne, là-bas.  
- Hmm. » Dit Sparadrap montrant clairement son désintérêt.  
Les deux poursuivirent leur marche. Mais, tout à coup, quelque chose semblait bouger derrière un buisson, noir comme la mort. Le séide et son komolk s’arrêtèrent instantanément.  
La terre semblait trembler.  
Le buisson était menaçant. Que pouvait-il cacher ?  
Soudain, une gigantesque créature surgit. Elle était plus sombre, encore, que le buisson.  
Raphaël brandit sa médaille de Saint Georges mais il ne fallait pas être divin pour savoir que ce geste était insensé. Sparadrap se transforma en armure, destinée à protéger son ami.  
La créature les observait, perchée sur deux pattes. Elle en avait huit, et ressemblait à une gigantesque araignée. 
Une gigantesque araignée.  
Vous ne pouvez certainement pas vous imaginer ce qu’elle était, puisque même Sparadrap pensait encore être dans ses rêves. Le buisson, qui était haut de deux mètres et large d’au moins six mètres, n’aurait dû cacher que la moitié du crochet inférieur de la gigantesque créature. Sa peau était rugueuse, comme celle d’un sanglier. Ses yeux étaient de couleur rouge sang.  
L’araignée était certainement une tueuse hors pair. Mais, malgré son arrivée brusque, elle ne semblait pas passer à l’attaque.  
Raphaël, profitant de ce moment de répit, réfléchit. Soudain, il eut une idée, et glissa à Sparadrap, par télépathie.  
- Tu te rappelles avec Saint Georges ?  
- Oui, bien sûrrr.  
- Retransforme-toi en lance, s’il te plaît. La créature est peut-être un démon ! 
Se métamorphosant en lance, l’araignée semblait reculer. Avant de passer à l’attaque.   
Le destin des mondes était alors en jeu.  
Mais, tout à coup, une silhouette noire apparut au-dessus de leurs têtes. Un chant s’éleva de ce mystérieux être. Raphaël et Sparadrap ne purent bouger d’un seul millimètre. Ils semblaient littéralement figés.  
Ainsi, était-ce la fin de leur aventure ?  
Non, la créature était elle aussi figée.  
Momentanément, puisqu’après quelques secondes, elle battit en retraite, et disparue comme elle était apparue : mystérieusement.  
Après un bref instant, Raphaël et Sparadrap purent eux aussi bouger.  
Le séide regardait autour de lui, ébahit. Qui est-ce qui les avait sauvés ? Mais, l’inconnu était parti, sans bruit, de la même façon qu’il était arrivé.  
Les deux amis, se remettant de leurs émotions, décidèrent de camper plus loin, au-dessus de l’espèce de sentier qu’ils empruntèrent. 
En sécurité dans leur tente invisible, ils essayaient de ne pas se poser de questions.  
Ils échouèrent.   
  
Chapitre 9.  
Le lendemain. 
  
Le lendemain matin, le soleil était à nouveau caché par d’énormes nuages grisâtres. La température avait chutée durant la nuit. Bien qu’il eût passé sa nuit à se poser les mêmes questions, le chancelier avait retrouvé son calme. Il était décidé à trouver des réponses.  
« On y retourne, dit-il à Sparadrap.  
- Où ça, sirrrr Rrrraphaël ? S’étonna le komolk.  
- A l’endroit où nous avons rencontré l’araignée.   
- Êtes-vous devenu fou, Sirrrr le Chancelier ? demanda Sparadrap, visiblement sérieux.  
- Non. » Répondit simplement son ami.  
Ainsi, ils retournèrent au même endroit où, la veille, ils avaient rencontrés la créature. La basse température et le manque de luminosité rendirent l’endroit encore bien plus effrayant. Le grand buisson noir ressemblait à un long animal, ou à une décharge publique car l’odeur y était épouvantable. On aurait pu penser que l’objectif de ce buisson était de repousser le plus de monde possible.  
Raphaël était mal à l’aise. Non seulement, la place était abominable, mais il avait la désagréable sensation qu’on l’épiait. Mais, il ne vit personne, même avec les scrutateurs sur le nez.  
Sparadrap, lui, avait trouvé quelque chose au sol qu’il mâchouillait tranquillement. Mais lui non plus n’était pas réellement calme. 
Soudain, il recracha ce qu’il pensait être du minerai de zinc.  
« Pouah, c’est dégoutant le zinc ici ! » S’exclama-t-il. 
Raphaël, se penchant sur le cracha, le rassura : 
« C’est tout à fait normal. Ce que tu as pris pour du zinc était du cuir. » 
Malgré la gentillesse du séide, le komolk se vexa. Comment aurait-il pu confondre ces deux matières ?  
« Sur ce, ce cuir ressemble beaucoup à ce métal, et propage une odeur semblable. Etonnant, n’est-ce pas ? » 
Mais Sparadrap ne l’écoutait plus.  
Lui aussi, avait la désagréable sensation d’être observé. Mais, il ne vit personne.  
Raphaël, lui, était songeur. Lorsqu’il sorti sa boussole, pour se remettre en route, il s’exclama : 
« Sparadrap, Sparadrap ! On est arrivé ?  
- Comment ça, on est arrrrivé, Sirrrr Rrrraphaël ? demanda-t-il.  
- D’après mes calculs et la boussole stromique, nous sommes à la hauteur du portail.  
- C’est impossible, nous devrrrrions le… » Commença le komolk. Mais, Raphaël ne l’écoutait plus. Il avait déjà sorti son coupetout, et tailla une grande brèche dans le buisson.  
« Impossible ? Demanda-t-il.  
- Euh, Sirrrr Rrrraphaël m’a mal comprrrrit… » Répondit Sparadrap.  
Les deux amis éclatèrent de rire. Ils avaient trouvé le portail qui les mènerait dans un autre monde, qui était sans doute encore plus terrifiant que celui dans lequel ils se trouvaient.  
Ainsi, ils décidèrent de dormir une nuit encore dans ce monde, malgré cette désagréable sensation d’être espionné.  
Ils étaient heureux. C’était le trois-cent-soixante-dixième jour, et, ce jour-là, la première étape de leur longue aventure était bouclée.  
  
  
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Durant cette soirée, l’étrange silhouette ne les guettait plus.  
Non.  
Elle avait déjà franchi le portail.  
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Chapitre 10.  
D’étranges visiteurs. 
  
« Je suis le meilleur trouveur ! dit le plus petit des géants.  
- Non, c’est moi je te dis, s’énerva l’autre, et si tu insistes, tu trouveras bien ma main dans ta petite face de fuma !  
- Toujours la violence dans tes paroles ! Tu es bien trop gros pour voir à tes pieds les champignons du bonheur.  
- Je te préviens… ! » 
Le plus petit des géants se fit tout petit, et n’insista pas.  
Mais c’était bien lui, Ouphyjil, le meilleur trouveur. Son grand frère Pilyjil ne voulait pas l’accepter, et abusait de sa carrure pour faire taire ses adversaires.  
Malgré ce défaut, le grand géant Pilyjil était bon. Il adorait son frère, et son frère l’adorait. Ensemble, ils allaient trouver des champignons du bonheur et des Singulières. Ensemble, ils s’occupent d’Ilfayjil, le plus petit de leurs frères.  
Leurs parents étaient décédés durant l’éternelle guerre. Cela faisait déjà plus de mille ans qu’elle perpétrait. Les fumas affrontaient les géants et les koudous affrontaient, jadis, les deux camps. Mais, après seulement une dizaine d’années, ils furent trahis par leur propre chef. Les fumas n’avaient pas tardés à les envahir. Mais, mystérieusement, une moitié de leur population avait disparu. D’après les rumeurs, c’était leur chef qui les avait livrés à Huujil, le terrible géant. Mais en réalité, personne ne savait ce qui leur était advenu.  
Depuis, les fumas se faisaient tuer par des géants, et des géants (dont les parents de la grande famille de Pilyjil, Ouphyjil et d’Ilfayjil) se faisaient tuer par des fumas.  
Les koudous, eux, étaient devenu esclaves des fumas.  
Malgré l’éternelle guerre, les géants arrivaient à vivre dans des conditions relativement paisibles. 
« Et, Pilyjil, tu n’as pas l’impression d’être observé, s’inquiéta le plus petit des géants.  
- Si, mais… » 
Pilyjil n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Tout à coup, deux étranges créatures se matérialisaient devant les géants, qui firent volteface pour s’enfuir.  
« Au secours, des fumas ! » Crièrent-ils à tue-tête. 
Raphaël et Sparadrap était eux aussi surpris d’être accueillis par des hurlements et un tremblement de terre digne de ce nom. Raphaël glissa donc à son komolk :  
« Prends une autre forme. Tu es sûrement originaire de ce monde, et donc peut-être indésirable pour certains peuples. »  
Sparadrap ne cacha pas sa frustration, mais s’exécuta.  
Après un quart d’heure de marche, les deux arrivèrent près d’un village. Ils décidèrent d’y pénétrer.  
Ils ne furent pas accueillit chaleureusement. Des géants munis de grandes fourches les épiaient, comme s’ils étaient un danger énorme. Puis, soudain, le plus âgés des géants éclata de rire : 
« Alors, mes deux zigotos, c’est ça que vous appelez des fumas, dit-il en gloussant. Il serait temps de vous envoyer voir des vrais fumas ! » 
Le chancelier pensait que le géant s’adressait à lui et à Sparadrap. Mais, à son grand soulagement, deux géants, un grand et un petit, répondirent gênés qu’ils fussent surpris.  
Après quelques minutes de jovialité, nos terriens furent conviés à s’installer dans une sorte d’auberge. Enfin, juste Raphaël puisque Sparadrap avait pris la forme d’un chapeau.  
Les géants ne mesuraient pas plus de deux mètres cinquante. Ils possédaient deux yeux verts, et des écailles à la place des cheveux. Leur peau ressemblait beaucoup à celle des Komolks.  
Tout le village dévisageait curieusement le séide.  
Raphaël, gêné, décida de rester dans sa chambre en compagnie de son chapeau.  
En réalité, le chancelier était lui aussi curieux de connaître certaines particularités du monde dans lequel ils étaient atterrit. Lorsqu’il sorti sa boussole, il eut un au le cœur ; elle ne fonctionnait pas, signe qu’ils n’étaient pas sur une planète. Comment feraient-ils pour retrouver le portail du retour ? Mais, heureusement, une géante qui semblait être la fille du vieux géant lui demanda de la suivre.  
Il arriva, en secrète compagnie de son komolk, dans une grande salle, dans laquelle une dizaine de géants étaient assis à une énorme table. Lorsque Raphaël s’y assit, seul sa tête dépassa d’en dessous de la table. Un petit géant, du nom d’Orhyjil, lui tendit un coussin.  
Soudain, des assiettes apparurent devant les places des invités. Des grands champignons grisâtres y étaient soigneusement présentés. Malheureusement pour le séide, lorsqu’il effectua discrètement un test de comestibilité, il réalisa que le champignon, que ses hôtes appellent « Champignon du bonheur », était constitué à quatre-vingt-dix pourcents d’étain, un mélange de métaux.  
Sparadrap, lui, se transforma discrètement sous la table et glissa à son ami, par télépathie : 
Sirrrr Rrrraphaël, cette friandise semble délicieuse, pourrais-je en avoir un bout ?  
Tiens, je te donne tout mon champignon, répondit le Chancelier.  
Après le repas, un des géants demanda à Raphaël pourquoi ils se comprenaient, et d’où il venait. Le problème est que le séide l’ignorait, lui aussi. Il répondit donc qu’il était un nain venu d’une contrée inconnue des géants, et des Fumas.  
En effet, durant le repas, le vieux géant avait expliqué à son invité quelle était la situation politique entre les Fumas et les Géants, sans oublier de citer les Koudous. Ces derniers intéressèrent particulièrement Raphaël, mais aucune des énormes créatures ne put fournir d’autres renseignements sur ces êtres.  
Le chancelier décida de rester encore quelques semaines dans le village afin de mieux pouvoir prévoir leur voyage. L’éternelle guerre n’allait pas faciliter leur quête. Raphaël, étant presque sûr que les Komolks étaient nommés Koudous dans ce monde, se rendit à la bibliothèque du village pour en apprendre d’avantage. Son intuition se révéla être juste, mais il se retint d’en parler à son ami.  
Il fit aussi des recherches sur le monde en lui-même. Heureusement, il était cartographié. Une grande chaîne montagneuse séparait les Koudous et le Royaume des Fumas. La chaîne était suivie d’un énorme désert qui s’étendait jusque dans le territoire des géants. Une mer s’étalait entre le royaume des Fumas et le territoire des Géants. C’est pour cela que certaines batailles, particulièrement meurtrières, étaient navales. Raphaël, lui, pensait éviter le front en passant par une forêt sur le côté gauche de la mer, puis, après avoir traversé le royaume des Fumas, ils passeraient le massif séparant les fumas et les Koudous, par un col particulièrement haut, évitant les mauvaises rencontres.  
Ils demeurèrent  encore deux mois dans ce village. L’amabilité des êtres surhumains était immense. Sparadrap se transformait souvent en des petites créatures pour pouvoir se délacer les jambes, et aussi pour aller piquer les champignons des attrapeurs pour les déguster dans un coin.  
Raphaël, lui, avait besoin de renseignements, mais surtout de lecture. Les livres lui manquaient… Il avala donc, pendant ces huit semaines, près de cent livres.  
Raphaël et Sparadrap se remirent en route le quatre-cent-trente-deuxième jour. La veille, les géants avaient organisés un délicieux festin… Pour Sparadrap. Décidément, ce monde était bien le sien. Raphaël, lui, ne voulant pas gaspiller leurs réserves, se contentait de salades et de fleurs comestibles.  
Sparadrap était vraiment heureux. Rien que l’air lui suffisait pour être en forme. Ainsi, pendant toute la première partie du voyage, il sautillait à côté du chancelier.  
Il leur fallut plus d’un trimestre pour atteindre la forêt commune au Fumas et aux géants. La guerre ne s’y déroulait pas car elle était trop inconfortable pour les deux camps. Sur ce, après quatre-vingt-quinze jours de randonnée, ils atteignirent l’immense forêt. Décidemment, le monde n’était pas à la mesure des deux terriens. Les arbres y étaient aussi hauts que des immeubles, et des branches rendirent le lieu extrêmement dense… et obscur.  
Le cinq-cent-vingt-sixième jour, ils firent une pause. Ils établirent leur campement à côté d’une rivière d’eau potable. Raphaël renouvela l’eau. Avec leurs actuelles réserves, ils avaient de quoi tenir deux ans en eau, et près de trois ans en nourriture, grâce à leur périple dans les steppes qui a permis d’en économiser un maximum.  
Après cette journée de repos, les deux amis se sentirent près à traverser l’effrayante forêt.  
Sparadrap était fin prêt.  
Raphaël l’était aussi.   
Mais l’ombre qui les collait l’était encore plus.   
  
  
Chapitre 11.  
Trois ans. 
  
Raphaëlle allait presque s’endormir pendant ce collège des chanceliers qui était… Ennuyant. Hier, cela faisait trois ans que Raphaël et Sparadrap les avait quittés. Elle savait qu’ils étaient encore en vie. Mais elle ne savait pas dans quel état.  
Tristan allait de moins en moins bien. Elise aussi. Tous les jours l’Alchimiste et sa filleule rendirent visite à la mère de cette dernière. Les médecins les avaient déjà prévenus ; elle allait bientôt mourir. Et, la prophétie des docteurs de l’organisation se réalisa, Elise Chêne perdu la vie.  
C’était Arthur qui l’avait dit à sa fiancée, en plein collège des chanceliers.  
Ainsi, une semaine après les trois ans d’absence de Numéro 7 « bis » eut lieu les funérailles de sa mère. Raphaëlle était triste, mais aussi reconnaissante. Elle avait compris deux choses, pendant les trois ans. Premièrement, la mort d’un proche n’est pas réellement un adieu, mais un au revoir. Et deuxièmement, l’attente est une épreuve extrêmement dure.  
Mais seule une chose peut aider à les supporter : l’espoir.  
Arthur et Raphaëlle s’était fiancés il y a exactement un an. Après la mort d’Elise, Arthur compris que la famille de sa bien-aimée était très importante. Il décida donc de garder le nom de sa future femme. Aussi, ensemble, ils s’étaient promis d’attendre Raphaël pour annoncer le mariage.  
« Après cinq année d’absence, Raphaël sera déclaré disparu, dit Numéro 2 pendant un collège.  
- Mon frère ne sera pas déclaré disparu sans mon consentement, répondit sèchement la chancelière.  
- Numéro 7, soyez raisonnable, tenta Numéro 3.  
- De toutes façons, il reviendra ! cria Raphaëlle.  
- Certes, mais….  
- Lorsqu’un chancelier est déclaré disparu, des recherches sont entreprises… L’informa Numéro 10.  
- Si Raphaël échoue, je vous garantis que tout le monde échouera.  
- Ce n’est pas aussi facile… » Continua Numéro 10 avant d’être interrompu. Un nouvel hologramme venait d’apparaître, celui de Maëstrom, le chancelier suprême.  
« Bonjour, cher Maëstrom, dit (inutilement) Numéro 2. 
- Raphaël Chêne est vivant et a déjà franchi le second portail d’outre-monde. Ne vous inquiétez pas pour lui. Si Raphaël Chêne échoue dans sa mission, beaucoup de monde échouera. » 
Numéro 3 souhaitais intervenir, mais l’hologramme avait déjà disparu. Mettant un terme au sujet.  
Ce collège avait aidé Raphaëlle, et surtout, lui avait permis de confirmer une chose : Raphaël était vivant ! 
  
Chapitre 12.  
Méditations.  
  
Pourquoi suivait-il ce jeune homme ? Il lui suffirait de rentrer chez lui, grâce à la voyageuse qu’il avait payée.  
Etait-il curieux ?  
Ou était-ce parce qu’il avait senti une particularité en lui ?  
Dans tous les cas, il aura besoin d’aide. Et il est différent. Durant tout son périple dans les différents mondes, il n’avait jamais vu cela. Cet homme semblait avoir une aura doublée. Cela l’intéressait.  
Sur ce, il ne lui restait plus qu’à méditer comment il devait s’y prendre. Cela serait compliqué, certes, mais ça l’amusait.  
Ces fumas était peut-être intelligent, mais c’était des lourdauds.  
Ces fumas était peut-être intelligent, mais ils avaient pris parti avec le chaos.  
Et lui, il avait choisi l’harmonie.  
Doucement, il s’approcha.  
Au moment où il pensait agir, il sursauta. La terre tremblait. Et elle arriva. Qu’elle est impressionnante !  
Elle aussi, elle semblait être intéressée par ce jeune homme. 
En tout cas, il était temps d’aller l’assister.  
  
Chapitre 13.  
              Captif.                          
  
Ils avaient mis un an.  
Un an pour traverser cette forêt.  
Pendant tout le voyage, ils n’avaient pas réellement eut de problèmes. Le problème était que la forêt était dense, et que le sol était recouvert d’un végétal qui les ralentissait.  
Durant cette année, ils entreprirent uniquement deux pauses d’une semaine. Le terrain ne permettait pas des pauses plus longues.  
Dans cette forêt, les animaux ressemblaient étrangement aux nôtres. Pas tous, certes, mais des petits cochons faisaient office de sanglier et des belettes courraient entre les troncs d’arbres. Toutes les deux espèces étaient comestibles, bien qu’elles même mangent des champignons du bonheur. Ces champignons faisaient aussi le bonheur de Sparadrap. Le petit Komolk se régalait, jour après jour, de cette friandise.  
Les problèmes arrivèrent à la fin de leur voyage dans la forêt. En effet, ce fut le mille-centième jour où Sparadrap ne pouvait plus se transformer. Il était condamné à rester sous la forme de komolk et cela inquiétait fortement son ami. D’où venait cette restriction. De plus, pendant tout le voyage, ils avaient l’impression d’être observé. Non pas par une personne, mais par deux.  
Tout cela était inquiétant.  
Mais, malgré ce problème, ils continuèrent leur voyage. Raphaël estima qu’il ne leur restait plus qu’une semaine de forêt. Après, ils se situeront dans le royaume des fumas.  
Le séide décida alors de faire une ultime pause dans cet étrange bois. Sparadrap n’arrivait toujours pas à se transformer et cela le rendait malheureux.  
Le mille-cent-vingt-et-unième jour, ils se remirent en route. Après deux heures de marche, ils entendirent des bruits indescriptibles, loin d’eux. Le chancelier voulait revêtir une cape d’invisibilité, mais soudain, il y eut un flash lumineux. Sparadrap tomba au sol, et trois lumières semblaient kidnapper Raphaël, jusqu’à temps qu’ils disparurent, avec le malheureux.  
Le komolk était terrifié. Qu’était-il arrivé à son ami ? Il n’eut pas le temps de méditer à la question. Quatre créatures effroyables l’avaient découvert. Des fumas !! Toutes les quatre s’exclamèrent en même temps : 
« Ouyne Koudou ! Ouyne Koudou ! » 
Sparadrap tenta de se transformer, sans succès.  
Les fumas l’encerclèrent puis le mirent dans une cage étroite. Raphaël lui en avait déjà parlé, des fumas, mais rien que leur haleine suffisait à tuer toute une légion romaine. Ils avaient des crocs de vampires. Leurs visages ressemblaient à celui d’un squelette…. Mais le pire… Le pire ! Le pire était leur corps : bien qu’ils fussent petits, ils avaient un corps d’ours. Les ours étant déjà les pires prédateurs des Komolks sur Terre ! 
Le Komolk, ou Koudou, comme vous le voudrez, était figé par la terreur qui venait de s’emparer en lui.  
Les quatre monstres marchèrent pendant un quart d’heure avant d’arriver dans un village. Là-bas, ils placèrent provisoirement Sparadrap dans une sorte de prison. Dix gardes le surveillaient. Il ne put faire un geste sans être épié par la moitié de ses ennemis.  
Le cinquième jour de captivité, le komolk était à bout de forces. Sparadrap pleurait. Il était enfermé, loin du monde qui l'avait vu naître. Serait-t-il contraint à vivre sous l'esclavage des Fumas ? Et Raphaël, son ami, le célèbre chancelier, était-il vraiment.... Mort ? Lui aussi, loin de la Terre...?   
Soudain, la situation semblait changer…  
  
Chapitre 14.  
            Le combat.                    
  
Sparadrap était ébahi.  
L’araignée qu’ils avaient combattus, Raphaël et lui, un an et demie auparavant était en train de le sauver. Sans préavis, elle avait attaqué le village. Faisant tout d’abord des ravages au point de vue des habitations, elle n’allait pas tarder à décimer ses habitants.  
Effrayés, le premier réflexe des gardes fut de tuer le komolk.  
Ils n’eurent pas le temps de le faire. Un homme, vêtu d’habits en cuir et plus silencieux que la mort les surprit. Ils tombèrent, l’un après l’autre, raide et mort. 
Sparadrap n’en revenait pas. Qui était cet homme ? Comment pouvait-on être aussi silencieux ? Et aussi efficace ?  
L’homme lui souriait. Après lui avoir serré la main, il se retourna pour voir le travail de l’araignée. En moins d’une minute, le village était rayé de la carte du Royaume des Fumas. L’araignée les rejoints. L’étrange personne chanta quelque chose à l’oreille de la créature. Puis, il demanda à Sparadrap : 
« Où est-on ami, prénommé Raphaël ? » 
Le komolk ne cacha pas sa surprise, mais lui répondit tristement qu’il l’ignorait. Il n’eut pas le temps de s’expliquer quand soudain, une voix retentit dans leur dos.  
« Je suis ici ! » 
Seul l’inconnu ne sursauta pas ; il l’avait entendu. Sparadrap, heureux, bondit dans les bras de son ami.  
Après quelques minutes de jovialité, Raphaël et l’inconnu dirent d’une même voix (sans s’être concertés) : 
« Il serait temps d’apporter quelques réponses à nos questions… ».  
Sparadrap éclata alors de rire.  
Qui aurait cru à son désespoir, quelques instants auparavant ?   
  
  
**** 
Un chapitre n’est pas forcément très clair. En effet, cet épisode est obscur. Qu’était-il arrivé à Raphaël ? Et qui était cet homme ? Et l’araignée ? Et l’araignée ? Mais quelle araignée ?  
Elle avait déjà disparu.  
  
Chapitre 15. 
            Réponses.                     
  
« Qui êtes-vous, demanda l’homme.  
- C’est plutôt à nous de vous poser cette question, répondit Raphaël, visiblement gêné. C’est vous qui nous avez observé durant plus d’un an et demi ! 
- Vous avez raison, reconnu-t-il. Disons que je viens d’un autre monde dont vous ignorez l’existence. Moi, je voyage grâce à un don, qui donne accès à une autre dimension, qui vous est lui aussi inconnu. Moi-même, je ne le possède pas, mais j’ai payé ce que l’on appelle chez moi, une voyageuse. J’ai découvert l’existence des portails menant à d’autres mondes et depuis je m’épanouis dans cette quête du nouveau.  
- Comment avez-vous fait pour parler aux animaux, et pour vous battre comme vous l’avez fait ? Demanda Raphaël.  
- Disons que, dans le monde ou je vis, j’appartiens à une espèce de guilde réunissant des personnes qui possèdent des capacités physique exceptionnelle. L’apprenti, choisi par un maître, apprend à maîtriser ces capacités pendant une durée de trois ans. Après ces trois années, il peut lui aussi devenir maître. En tout cas, notre guilde évolue depuis des générations.  
- Cool ! Comment est-ce qu’elle s’appelle, s’intéressa Raphaël.  
- Son nom ne te dira rien.  
- Et le vôtre ?  
- Je m’appelle Sayanel Lyyant.  
- Enchanté, moi c’est Raphaël Chêne. Et après les explications que vous m’avez fournies, à mon tour de vous en donner sur ma confrérie… »  
Raphaël expliqua pendant un bon quart d’heure d’où il venait et ce qu’était la confrérie des chevaliers de l’insolite. Sayanel s’était tu. Après quelques secondes de silence, il demanda : 
«  Et que viens-tu faire ici ?   
- Mon but est de découvrir les origines de Sparadrap, mon Komolk. Ici, il se nomme Koudou. » 
En entendant ce nom, son interlocuteur grimaça.  
« Il ne reste plus qu’un seul village de Koudou. Et peu de monde connaît son existence.  
- Mince, soupira Raphaël en observant Sparadrap qui dormait, épuisé.  
- Mais en posant les bonnes questions aux bonnes personnes, on trouve des réponses. Je sais où il se situe. De plus, le portail de retour ne se situera pas loin de ce village.  
- C’est super, ça ! S’enthousiasma Raphaël.  
- Mais le problème est qu’il vous faudrait plus de deux ans pour l’atteindre, sans parler des fumas… J’ai un autre moyen pour y aller.  
- Oui, s’impatienta Raphaël curieux.  
- Tu le connais déjà… » 
Le séide ne comprit pas où Sayanel Lyyant voulait en venir. Tout à coup, il sursauta. Il s’était mis à chanter, et la créature qu’il avait déjà vue à deux reprises surgit de derrière le buisson. C’était l’araignée. Voyant l’ébahissement de Raphaël, Sayanel reprit la parole : 
« Cette créature est une gardienne. C’est elle qui gère les mondes et les liens qui les unis, tout comme une araignée, dont elle a pris l’apparence.  
- Je comprends, c’est comme le gardien du temps.  
- Je ne le connais pas, mais tu dois avoir raison. Entre mon monde et le teins, il n’y a pas de portail mais on peut y avoir accès grâce au grand pas dont je t’ai parlé, que seul peu de monde maîtrise.  
- Je vois, dit Raphaël.  
- La gardienne s’est alliée avec moi. Nous défendons tous les deux l’harmonie et nous nous sommes intéressés à toi et à ton komolk. Du coup, nous vous avons suivi. Enfin, pas tout le long, car la gardienne est revenue qu’hier soir pour sauver Sparadrap.  
- OK. Et comment allons-nous faire pour voyager ?  
- C’est tout simple, l’araignée peut se déplacer où elle veut, dans le monde qu’elle veut. Si elle l’accepte, elle nous mènera au village Koudou.  
- Mais c’est génial ! Triompha le séide. Allons-y ! » 
Sans même attendre une réponse de son nouvel ami, il réveilla Sparadrap (qui n’était pas enchanté de l’être). Après avoir rassemblé les affaires qu’il avait perdues la veille, il se tenait près.  
« D’ailleurrrs, où étais-tu passé, hierrr soirrr, Sirrrr Rrrraphaël ? » Demanda Sparadrap.  
La mine de son ami se referma, puis il lui répondit : 
« Chaque être à le droit de garder certains passages de son existence secrets. Surtout que te répondre m’est malheureusement interdit, je suis désolé. » 
Sparadrap n’insista pas.  
Tout à coup, l’araignée, Raphaël, Sparadrap et le mystérieux Sayanel disparurent. Le village fuma n’était plus qu’un tas de ruines.  
  
Chapitre 16.  
Les anges. 
  
« Madame Raphaëlle ! Madame Raphaëlle ! Tristan Milan s’est tué !! » 
Raphaëlle s’assit. Que c’était-il passé ? Un petit garçon lui tint un journal dans lequel des témoins confirmaient avoir vu deux anges le prendre dans les bras.  
« La presse peut bien raconter des âneries pour se rendre intéressante, de nos jours… » Se dit-elle.  
Soudain, la pièce s’illumina. Trois faisceaux lumineux se dirigèrent en sa direction. Raphaëlle, par réflexe, ferma les yeux. Quand elle les rouvrit, elle était dans une salle qu’elle connaissait. Elle était dans sa chambre. A côté d’elle était assis Tristan et ses parents. Ils lui sourirent.  
« Non, tu ne rêves pas, dit alors Tristan.  
- Notre corps ne vit peut-être plus, mais notre esprit, si, expliqua Elise.  
- C’est ce dont tu me parlais, demanda Raphaëlle à son parrain.  
- Oui ! Tes parents sont venus me chercher ce matin, et nous venons vous dirent au revoir, Raphaël et toi.  
- Comment va-t-il ? S’inquiéta la chancelière.  
- Il va bien, la rassura sa mère. Il va bientôt revenir. D’ailleurs, il reviendra avec une mission qu’on lui a confiée. Il t’expliquera tout en détails, il s’agit d’un épisode de son passé dont il avait oublié l’existence. 
- Mais il t’expliquera tout. » Concluait Tristan. 
Le regard de Raphaëlle se tourna vers son père, qui était resté silencieux jusqu’à  présent.  
« Je voulais juste te dire que je suis incroyablement fier de vous deux, mes petits stromillons. On se reverra, un jour. Le destin nous a empêchés d’être proche l’un de l’autre, mais tout s’arrangera. » 
Une larme coula sur sa joue. Il était visiblement ému, et triste.  
Raphaëlle le rejoignit.  
« Ce jour-là, toutes tes questions auront une réponse. Ne sois pas pressé, et ne t’inquiète plus pour ton frère. Sache juste que nous sommes infiniment fier de vous, se répéta Michel. 
- A dieu ! » Dirent-ils d’une voix. 
Raphaëlle voulait leur répondre mais ils avaient déjà disparus.  
Elle s’interrogeait immédiatement sur la crédibilité de ce qu’elle avait vu. Avait-elle rêvé ou devenait-elle folle ?  
En glissant une main dans sa poche, elle découvrit quelque chose. C’était un médaillon pierreux en forme de cœur.  
Elle l’avait déjà vu.  
En effet, la vieille dame qui l’avait interpellé avec Arthur lorsque Raphaël était dans le coma le portait. Quel hasard ! 
Raphaëlle comprit bien sûr que ce n’était pas un hasard.  
Elle n’avait pas rêvé. Tout cela était bien réel.  
** 
Songeuse, Raphaëlle Chêne mis le médaillon sur son cœur et chuchota : 
« A dieu. »  
Elle pleurait. 
  
Chapitre 17.  
Séparations. 
             
Le voyage ne leur avait pris qu’un instant pendant lequel Raphaël cru discerner une espèce de toile qui ressemblait à la carte qu’avait faite Tristan.  
            Sayanel, Sparadrap et lui étaient tombés sur les fesses, la gardienne avait disparue. Ils étaient au milieu d’innombrables petit komolk qui les regardaient affolés.  
            « Qui êtes-vous, leur demanda le plus jeune.  
            - Nous sommes venu en ami. » Dit Sparadrap.  
            L’apercevant, les koudous étaient rassurés.  
            Raphaël et Sayanel expliquèrent ensuite en détails qui ils étaient. Sparadrap était bouleversé ; il était le premier komolk à avoir retrouvé ses origines.  
            Les petits êtres organisèrent un festin en leur honneur (Seul Sparadrap en mangea…). Et après une longue nuit festive, Sayanel demanda à Raphaël s’il pouvait lui parler. 
            A l’écart de la fête, il prit la parole : 
« Raphaël, j’étais enchanté de faire ta connaissance. Maintenant, il faut que je rentre chez moi. Je vais passer par le portail, comme toi. Je te garderai en souvenir, et j’espère que tu feras de même. Le portail est caché derrière le portrait d’un des ancêtres des koudous, dans l’une de leur maison.  
- Je crois voir de quel portrait vous voulez parler.  
- Super. Il nous reste plus qu’à se séparer. Au revoir, cher Chevalier de l’insolite.  
- Au revoir, cher Marchombre. » 
Raphaël espérait voir la surprise dans les yeux de Sayanel, mais il n’en fut rien. Il se contenta de lui faire un clin d’œil. Puis il tourna les talons, et disparut en silence, comme il en avait l’habitude.  
Sparadrap était heureux. Raphaël le savait. Il savait aussi qu’il n’était pas pressé de partir. Ainsi, ils restèrent longtemps en compagnie des Koudous. Plus d’un an.  
Ils étaient sympathiques et drôles, ces petits Koudous. L’esclavage de leur espèce ne semblait pas les avoir traumatisés, mais la guerre était, comme chez les géants, le sujet de discussion principal, surtout qu’ils prévoyaient une Rébellion. Une alliance secrète avec les géants leur donnerait l’opportunité de vaincre leurs oppresseurs.  
Sparadrap en était ravi. Il en était vraiment ravi. Ainsi, il aidait tous les jours ses nouveaux amis à prévoir leur coup d’état. Peu à peu, ses talents de syndicaliste aguerri des Komolks le faisaient devenir de plus en plus important.  
Raphaël, lui, commençait à étudier la botanique de ce monde peu commun. Il se réservait trente jours de provisions pour le retour. Oui, car pour le terrien, les champignons du bonheur ne sont pas réellement un régal. A moins que ce soit un régal unique, qui sait ?  
Le séide savait que Sparadrap allait rester près de ces proches, et cela le rendait nostalgique… Mais le sujet était tabou.  
Un jour, le trois-cent-quatre-vingtième, Raphaël se résolu à parler avec son Komolk : 
« Je pars, Sparadrap.  
- Mais la Rrrébellion est prrrévu pour après demain ! 
- Certes, mais je dois retrouver ma sœur. Tu sais, ça fait longtemps… Ce voyage m’a bouleversé. Bien plus que tu ne le crois.  
- Moi aussi, il m’a bouleverrrsé Sirrrr Rrrraphaël. Et je sais trrrrès bien que vous êtes conscient que je vais rrrester ici. C’est trrriste, vous êtes mon meilleurrr ami. Mais je sais que surrr Terrrre je vous serrrez dans les pattes ; malgrrré tout, vous avez une mission qui vous y attend.  
- Je le sais, répondit Raphaël. Mais, à présent, je ne sais pas si celle-ci était une bonne idée…  
- Elle l’était, le consola Sparadrap. Vous avez rrréalisé un exploit et l’acte le plus brrrave enverrrs les komolks de toute l’humanité. C’était imporrrtant de le fairrre. Mais rrrestez trois jourrrs pourrr la Rrrébellion, s’il-vous plaît ! 
- Non, je vais partir maintenant. Regarde ce coucher de soleil.  
- … 
- … 
- Oui. Vous avez rrrraison, reprit le Komolk. Mieux vaut terrrminer parrr quoi nous avons commencé. »  
Le chancelier le regardait surprit.  
« Sirrr Rrrraphaël ferrra un excellent Maëstrrrom » 
Raphaël sourit. Dans le monde de l’insolite, on rencontre plus de questions que de réponses. Ce fut l’un de ses prédécesseurs qui le lui avait dit alors qu’il n’était qu’un apprenti. Le jour où il avait rencontré Sparadrap, justement. A l’époque, Sparadrap et lui ne s’entendait pas du tout. Mais après tout, l’amour ne commence-t-il pas toujours par une dispute ?  
Raphaël tourna les talons. Et avant de traverser le portail du retour, il se retourna une dernière fois, les larmes aux yeux.  
Il ne le reverra plus jamais.  
Adieu. 
A dieu.  
FIN  
   
 
Epilogue.  
  
« Le célèbre chancelier Raphaël Chêne est revenu de sa mission. Il a réalisé l’exploit unique de voyager dans les mondes de l’insolite. En ce moment même, il est entendu par le cercle des Alchimistes. Son absence pendant la mort de ses proches le bouleversera-t-il ? » 
**** 
« Pff… Soupira Raphaël. Œil info est de pire en pire.  
- Comme tu le dis, répondit Arthur, en contemplant le coucher de soleil.  
- C’est drôle, j’ai quitté Sparadrap dans la même situation.  
- …  
- Toi aussi tu as revu nos parents, lui demanda Raphaëlle.  
- Oui, répondit le chancelier. 
- Qu’elle est la mystérieuse mission qui nous guette ? » 
Raphaël sourit, et avec tout son air mystérieux lui répondit : 
« Tu verras. Avant tout, il y a le mariage ! Nous accueillons un Chêne de plus dans la famille ! » 
Tous les trois rirent avant de rentrer au chaud.  
**** 
Notre histoire se termine trois ans après cette scène. Raphaël Chêne, Raphaëlle Chêne et Arthur Chêne ont tout simplement disparu. Personne ne se sait où ils se trouvent. Chez eux, on a juste retrouvé cette courte lettre, que j’ai placée à la fin de cette belle histoire. Raph me l’avait contée. Tout le monde ignore qu’à l’instant de leur disparition, un vieux scandinave rendit l’âme à l’hôpital de l’organisation. Etrange, n’est-ce pas ?  
Sparadrap, lui, était heureux. La Rébellion des Koudous avait été couronné avec succès comme le témoigne ce mystérieux champignon retrouvé à l’endroit même où quelques années auparavant, le célèbre Numéro 7 était réapparu.  
Tout cela est magnifique. Et moi, il ne me reste plus qu’à me séparer de vous avec une belle métaphore : Dans l’univers, lorsqu’une étoile meurt, ses restes forment soit une nouvelle étoile, sois un trou noir. Sur Terre, lorsqu’une ère glaciaire se termine, une autre ère s’installe. Et lorsque nous mourrons, nous aussi, nous formerons une belle étoile qui brillera magnifiquement dans le ciel. Après tout, il suffit de le croire !  
Anti-Margilin, Alchimiste.  
  
  
  
  
Lettre retrouvé écrite par Raphaëlle Chêne.  
Lorsque nous sommes nés, Raphaël et moi, nous n’avons jamais eu de chance. Mais nous n’en avons jamais eu besoin pour devenir ce que nous sommes devenus. Nos parents nous ont laissés comme au revoir une lettre, car ils ne savaient pas s’ils allaient revenir. A notre tour d’écrire notre lettre, car nous savons que nous n’allons pas revenir. . Ainsi, nous vous disons adieu.  
A dieu.  
R&R + Arthur.  

 
 

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MessagePosté le: Jeu 25 Aoû - 16:48 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 25 Aoû - 16:52 (2016)    Sujet du message: Les mondes de l'insolite Répondre en citant

Pour la version officielle et avec les alinéas bien alignés, et tout et tout, je vous conseille de lire la fan fiction sous forme d'e-book :
http://www.sendspace.com/file/dy7qkf
et voici le logiciel pour le lire si jamais vous n'en avez pas ! 
http://www.adobe.com/solutions/ebook/digital-editions/download.html
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MessagePosté le: Ven 26 Aoû - 18:41 (2016)    Sujet du message: Les mondes de l'insolite Répondre en citant

Je commenterai après les résultats de ma quête, quand j'aurai reçu les autres textes! =)
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MessagePosté le: Sam 27 Aoû - 16:46 (2016)    Sujet du message: Les mondes de l'insolite Répondre en citant

Bon, j'ai tout de même bavé dessus pendant deux mois. x) Et les petites fautes de français, voilà quoi xD. Et le fait que le parallèle entre deux mondes n'était pas subtil et tout, ce n'est pas dramatique non plus, j'ai le temps d'apprendre non ? ^^ Bon bref, sois un peu gentille car j'y ai pris beaucoup de plaisir (et de temps), donc tu ne me le démolis pas en deux mot Wink
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MessagePosté le: Lun 3 Oct - 19:50 (2016)    Sujet du message: Les mondes de l'insolite Répondre en citant

Ca y est: j'ai fini de lire ta fanfiction.  Et un texte aussi considérable mérite une réaction proportionnelle...je ferai donc de mon mieux. 
 
 
 
Le début, que j'ai vu que tu avais utilisé comme "teaser" avant la publication de l'histoire proprement dite m'a énormément intriguée.  J'imagine que c'est le but, et c'est clairement réussi en ce qui me concerne. Wink  Aucune info au sujet de l'identité d'un des intervenants, une idée assez vague de l'action et la menace d'un danger imminent dont on ne sait rien.  Sans compter que le lien avec l'univers de Strom est invisible.  Je me suis un peu demandée "Mais avec quoi il vient?" à cause de ce dernier point, d’ailleurs.  C’est sûr, tu as bien réussi à titiller ma curiosité. Wink  
 
 
 
En ce qui concerne la suite.  On voit clairement que tu t'es énormément impliqué dans cette histoire, que tu as mis du temps à créer un scénario te permettant d'en venir où tu voulais.  Le scénario en lui-même, d'ailleurs, est sympathique et cohérent...dans un autre univers que celui que tu as choisi.  C'est là qu'on en vient au point qui m'a fait tiquer.  J'ai l'impression de voir une version de Strom réfléchie par un miroir de fête foraine.  Je connais les personnages, mais je ne les reconnais pas.  Les chanceliers, qu’on suppose faire partie des membres les plus sages et les plus compétents de l’Organisation, semblent réduits à un groupe querelleur, voire aigri et assez jaloux du talent.  L’idée de Raphaël et Raphaëlle parmi les membres du conseil montre qu’ils continuent sur leur lancée d’avancement plus rapide que la moyenne…mais tend vers la caricature.  Leur caractère aussi (surtout une ligne particulière à ce sujet) m’a étonnée.  Tu décris Raphaël comme « gaffeur » et Raphaëlle comme « timide », alors que j’ai toujours eu l’impression que Raphaël était des deux le plus sujet à la timidité.  Je précise ce détail parce que j’ai l’impression que « timide » est plus ou moins le trait de caractère qu’on attribue en standard à un personnage féminin histoire de lui donner un handicap, et « gaffeur » son équivalent masculin.  C’est probablement involontaire (et c’est un détail), mais je le mentionne au passage.  Pareil pour Tristan, Sayanel…  D’un manière ou d’une autre, ils sonnaient tous plus ou moins faux à un certain moment. 
 
 
 
Je me rends compte que je parais très négative là, et ce n’est pas le but recherché.  Parce qu’il y a pas mal de bon aussi dans ton histoire hein, faut pas croire!   Wink  Tout d’abord le concept de la carte des portails nécessitant trois passages à cause du déplacement dans trois dimensions m’a bien plu. C’est logique, mais il fallait y penser.  L’idée de Sparadrap à la recherche de ses origines est toute mignonne, et bien sûr Raphaël l’accompagnerait dans ce cas (là par contre, je reconnais parfaitement le personnage: ils s’aiment bien tous les deux au fond.)  Je suis étonnée que les habitants de l’autre monde parlent français, mais c’est quelque chose qui revient dans tellement de romans avec des voyages entre les mondes, que je ne peux vraiment pas critiquer ce point-là. Wink  L’idée du cercle alchimiste fondé par Merlin ayant d’abord été un institution séparée de l’Organisation est sympa aussi.  C’est vrai que même des chevaliers aux nobles idéaux et valeurs, c’est une mentalité assez différente des chercheurs que les alchimistes sont.  Même avec les meilleures intentions du monde, ça ne m’étonnerait pas plus que ça qu’il y ait eu des tensions entre les deux de temps à autre (tout en restant civilisés hein!) 
 
 
 
Donc voilà, tout ce blabla pour ça.  Pour résumer je dirais que dans l’ensemble j’ai apprécié l’histoire niveau scénario et niveau trouvailles supplémentaires dans l’univers de Strom.  Le point moins positif étant le caractères des personnages (ou le côté magazine people que tu donnes à Oeil info) qui m’a empêchée de pleinement profiter de l’histoire.  Mais même ainsi, bravo pour ce qui a certainement été un travail de longue haleine!  J’espère que tu as profité de l’écriture comme j’ai profité de la découverte de l’histoire. Smile   
 
 
 
PS: Il est mort comment Tristan en fait?  Je n’ai pas tout suivi à ce niveau-là j’ai l’impression… 
 
 
 
PPS: Après relecture, je réalise que malgré mes efforts, mon message continue à paraître assez peu valorisant par rapport au travail que tu as fait.  J’espère que tu ne t’imagines pas que j’essaie de dénigrer ce que tu écris, parce que ce n’est pas du tout le cas! 
 

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MessagePosté le: Mar 4 Oct - 15:41 (2016)    Sujet du message: Les mondes de l'insolite Répondre en citant

Merci ! a critique me fait plaisir. Wink
C'est sûr que ça a été un sacré travail. J'ai passé deux heures sur chaque chapitre ^^, et je suis content que l'on ressente celà. Alors, oui, le caractère des personnages est un peu différent. Ce n'est pas vraiment volontaire. En fait, je me suis replongé dans l'univers de strom en lisant les films et surtout en regardant strom en film (où Raphaëlle est clairement timide et Raphaël assez gaffeur x). ).
Le caractère des chanceliers, lui, est voulu. Certes, c'est un peu caricatural, mais je cherchais à me moquer de ce défaut humain et de cette bêtise humaine : la jalousie et l'envie du pouvoir. Donc voilà, c'est peut-être caricatural mais sur les chanceliers, c'est fait exprès (sur R&R et les autres, c'est une erreur de ma part).
Je suis content que toutes mes autres idées ne t'aient pas déplues ! Que tu trouve le texte relativement cohérent etc. Pour la langue, c'est que Sayanel viens de Gwendalavir (où l'on parle français, d'après Bottero) et les autres personnage, euh, je ne sais pas ^^. Les deux géants sont inspirés de Ouk et Pil, je pense que vous l'aurez deviné x).

Bref. Tristan s'est officiellement suicidé. Mais, en réalité, c'est les parents de R&R qui sont venus le cherchés pour laisser la place à leurs enfants (en tant que Maëstrom). Ce n'est pas très clair mais c'est voulu : le lecteur doit comprendre la fin (qu'il souhaite comprendre, d'une certaine façon, aussi). Donc, en résumé, R&R on fait leur progression rapide jusqu'au rang ultime.

Voilà voilà, c'est loin d'être parfait, comme tu l'as vu, mais c'était plaisant à réaliser et je suis heureux de voir que tous les avis ne snt pas négatifs (n'est-ce pas, Clara ! xD).

Razz
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:17 (2017)    Sujet du message: Les mondes de l'insolite

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