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Mythes et religion dans Strom
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Clara Quémeneur
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MessagePosté le: Jeu 26 Déc - 00:10 (2013)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Mythes et religion dans Strom

Pour commencer, je vous prie d'excuser ma mise en page très indigeste : je n'ai pas le courage de trier mes paragraphes par sauts de lignes ce soir. Par ailleurs, les liens hypertextes n'ont pas eu le bon goût de se mettre comme je le souhaitais, et j'ai franchement la flemme de chercher quel est le problème, ce qui donne des lignes de trucs très laids qui renvoient à mes références. Je vous prie aussi d'excuser ma lenteur : ça ne faisait que huit mois que j'avais commencé cette quête et promis de la finir très vite, après tout...
Bonne lecture !

"Le mot même de "chevalerie" évoque un univers disparu, brut, parfois cruel et souvent brutal, mais fondé sur les rapports que les hommes bâtissaient entre eux et non avec les choses.
Les chevaliers nous parlent d'un vaste monde de courage et d'honneur, de gratuité et de courtoisie, d'une époque de quêtes et de châteaux forts, d'églises solides assurant le lien entre la terre et le ciel.
Le temps et l'histoire ont fait leur œuvre. La chevalerie a déserté nos sociétés mais pas nos cœurs…
(Extrait de Vivre en chevalier, par Adrian Pagus.)"
Cité dans Phaenomen, Erik l'Homme, Folio junior, p. 198-199.

A l'origine, l'univers de la chevalerie est intimement lié à la religion chrétienne : selon le dictionnaire Encarta, c'est un "corps militaire et religieux, formé d'hommes de la noblesse féodale chrétienne qui s'engageaient à respecter des règles d'honneur strictes". Par définition, la chevalerie du Moyen Âge est associée à des valeurs spécifiques et s'inscrit dans une tradition religieuse : elle a des rites, des croyances, des idées, inspirés ou influencés par la religion et l'Eglise, surtout à partir du XIIe siècle. Par exemple, lors des croisades, les chevaliers combattent directement pour la religion ; les Templiers sont aussi appelés "moines guerriers", ont le soutien du pape et vivent selon une règle monastique.
La trilogie Strom est, de manière évidente, imprégnée de mythologie et de croyances, que l'on retrouve dans les thèmes abordés tout au long de la série. En particulier, en s'inscrivant dans la lignée de la chevalerie, l'univers garde une continuité avec cette dimension religieuse. Ces livres donnent en effet, de manière plus ou moins visible, une place importante à la religion chrétienne, à un point inhabituel dans la littérature jeunesse actuelle. Cet aspect est particulièrement intéressant parce que Strom ne se présente pas du tout comme une série "catho", et parce qu'il est tout à fait possible de lire et d'apprécier l'histoire sans avoir de référence religieuse. Les valeurs religieuses restent en effet très présentes, comme une évidence, comme dans la littérature jusqu'au XIXe et au début du XXe siècle, mais qui sont rares dans la littérature contemporaine, surtout dans les romans à destination de la jeunesse.
Il est donc intéressant d'étudier les références religieuses et mythologiques dans la trilogie, à la fois pour montrer leur nombre et leur richesse particulières et pour étudier leur utilité et leur sens dans l'histoire.

[Je précise que je vois et j'interprète des références religieuses à partir de ma culture, de ma perception du texte, et que celles-ci sont forcément subjectives. Il est très possible que je surinterprète parfois certaines choses, ou que j'en oublie d'autres.
Et je suis désolée si ça ressemble à une dissertation ou si c'est pénible ou compliqué à lire, je voulais faire une recherche relativement complète et organisée quand même. Je vous prie d'excuser mes nombreuses phrases à rallonge. Et l'influence du modèle de la dissertation, ça reste traumatisant…]

I. La culture religieuse chrétienne, au sens large, est très présente dans la série.
Dès le début du premier tome, de nombreux éléments l'annoncent : le monde rationnel est remis en cause, mais ce n'est pas simplement une présence "magique" qui s'y superpose. Dès la page 16 du tome 1, Raphaël est situé dans un monde qui glisse vers le surnaturel : "Depuis plusieurs mois, il ressentait une présence indéfinissable, comme si quelque chose ou quelqu'un rôdait, l'épiait." Tout d'abord, il s'agit seulement d'une apparition magique d'origine indéterminée : "Quelqu'un s'interposa. Un homme venu de nulle part, sans âge, vêtu d'un costume sombre. (…) Il leva simplement son index. Alors, comme par magie, l'arme s'échappa de la main de l'agresseur…" (tome 1, p. 17-18) Cette apparition se précise au fur et à mesure du livre, jusqu'à devenir explicitement religieuse : "Non, ce n'était pas un séide", explique Tristan, "disons que c'était… autre chose." (tome 1, p.92), puis "je ne peux rien affirmer, mais tout porte à penser que c'était ton ange gardien". L'un des premiers éléments du roman est donc rattaché à une explication qui relève d'une tradition judéo-chrétienne, l'existence des anges gardiens.
Certains éléments, lancés "en passant" dans les dialogues, en témoignent aussi : Raphaël dit qu'il garde Sparadrap par esprit de sacrifice, "comme ces pénitents qui portaient le cilice, au Moyen-âge" (tome 2, p.45). Arthur et les jumeaux regardent Quo vadis ? (tome 3, p.145), un film qui retrace la vie des premiers chrétiens sous le règne de Néron et dont le titre, "où vas-tu?", est la question que pose saint Pierre fuyant Rome lorsqu'il rencontre Jésus et qui l'incite à faire demi-tour. De même, Tristan établit le rapport entre son aventure en Egypte 2000 ans avant Jésus-Christ et la Nativité, quand il pense à la fuite en Egypte, au 24 décembre et aux ânes (tome 2, p.145): il y a là une référence biblique, d'autant que le chevalier conclut "logique, tout ça…" comme si pour lui le parallèle était évident. Cela amène aussi, d'une certaine façon, à le rendre évident, ou au moins visible, pour le lecteur : on peut comprendre cette phrase de Tristan comme l'indication ou la confirmation qu'il y a bien une logique dans l'histoire, un principe directeur, un lien entre les différents éléments. Il y a d'autres "clins d'œil" à d'autres épisodes de la Bible, comme des références à la Création (tome 2, p.196), à Moïse (tome 2, p.229) ou au Nouveau Testament (tome 3, p.144, "Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits, dit sentencieusement le moine, citant les Evangiles.") Dans le tome 3, Alexandre Giboise cite l'Apocalypse de saint Jean (p.249), chapitre 16, versets 14 à 16, qui évoquent la "fin des temps" et la colline de Megiddo ou l'Armageddon. Cette référence a un côté "pratique", car elle sert d'argument d'autorité en annonçant la bataille que vont livrer Raphaël et Raphaëlle à partir d'un texte de référence. De plus, l'endroit évoqué, la colline de Megiddo, est fortement symbolique, car c'est le lieu par excellence de l'affrontement entre le bien et le mal. Le fait que le combat contre le Margilin y ait lieu inscrit Strom dans une symbolique forte: d'une part, l'évocation de l'Apocalypse sert à faire peur au lecteur et à appuyer la menace que représente le Margilin, et d'autre part, elle ancre le roman dans l'histoire de la Bible. Page 205, lors du combat de saint Georges contre le drac, celui-ci déclare "Adore mon maître et je te laisserai la vie sauve" : on trouve déjà cet élément dans la Bible lorsque le Christ est tenté par le démon (Matthieu, 4, 1-11). Je cite en particulier les versets 8 à 11 : "Le diable l'emmena encore sur une très haute montagne, lui fit voir tous les royaumes du monde et leur splendeur, et lui dit : "Je te donnerai tout cela, si tu te mets à genoux devant moi pour m'adorer." Alors Jésus lui dit : "Va-t'en, Satan ! Car l'Écriture déclare : Adore le Seigneur ton Dieu et ne rends de culte qu'à lui seul. Cette fois le diable le laissa.". On retrouve cette tentation dans la légende de saint Georges écrite par Jacques de Voragine. Strom se place donc, en matière de culture religieuse, dans la lignée de la Bible, avec des références aux textes qui structurent le roman.
La prière joue un rôle important, en particulier dans le tome 2 : Arthur annonce dès le début et qu'il a "passé des nuits entières à prier" (p.41), et cet élément réapparaît à plusieurs reprises, comme p.290 ("depuis son plus jeune âge, il avait prié…"). C'est un aveu rare dans la littérature jeunesse du XXIe siècle, surtout dans la bouche d'un personnage adolescent. Le fait que son vœu, sa prière, soit exaucée à la fin du livre suppose bien que quelqu'un l'a entendu… De même, "en priant pour que Raphaël réussisse à…" (Tome 2, p.186) peut être pris au sens figuré de "en espérant que…", mais aussi au sens propre d'une prière sincère. Dans le tome 3, la prière joue aussi un grand rôle: p.251, "Alexandre Giboise égrenait son chapelet" semble normal étant donné qu'il est moine, mais la précision reste importante. On peut le mettre en parallèle avec saint Georges, qui déclare "avec la grâce de Dieu, je vaincrai cette créature infernale. Ou je mourrai." Avant de combattre, il prie (p.206: "d'accord, mais qui?" demande Raphaël, ce à quoi Tristan répond "A ton avis?"), et déclare "je mourrais cent fois plutôt que de trahir le Tout-puissant". Le saint est ici un modèle de piété, ce qui est normal, mais surtout, en quelques phrases, il résume son combat, qui est aussi celui des chevaliers : le bien, grâce à Dieu, s'oppose au mal, à l'enfer, et les membres de la Confrérie sont prêts à donner leur vie dans cette lutte. Le personnage de saint Georges est très important par la symbolique qu'il représente : il est un pilier de la chevalerie, un modèle pour les séides et pour l'Organisation (d'où la médaille), mais il est avant tout, dans la tradition religieuse, un saint et un symbole chrétien. Son histoire est inspirée d'un ouvrage qui est d'ailleurs cité dans Strom, la Légende dorée, de Jacques de Voragine, qui est un recueil de différentes hagiographies (vies de saints). Dans ce texte, l'auteur veut montrer, pour résumer, que la foi sauve, qu'il faut se convertir et que les démons sont toujours vaincus. Saint Georges est associé à la lutte du bien contre le mal, c'est-à-dire, concrètement, du croyant et de la foi contre le démon : on retrouve dans Strom cette dimension de la foi, de la croyance, comme moteur de l'action et facteur de succès. (pour une étude comparée de la Légende dorée et de Strom, suite au prochain épisode. =D)

La religion a une place qui peut sembler paradoxale dans Strom : parfois, la prière aussi bien que les symboles religieux sont détournés, rationalisés, désacralisés. Le christianisme semble mis au service de Strom, de l'intrigue et de l'univers, "digéré" et remanié pour aller dans le sens de l'histoire. Le tome 3 joue avec la légende de saint Georges : la lance du saint est ainsi, selon Strom, un komolk, qui a la propriété physique d'être très résistant. Le komolk est certes un animal imaginaire, mais son existence est incluse dans un système d'explications "scientifiques", rationnelles et très matérielles, et pas du tout dans des principes religieux ou mystiques. Dans ce contexte, l'explication de la victoire de saint Georges semble être purement physique et technique. Il en va de même pour l'apparition de l'archange qui donne la lance à saint Georges: dans Strom, il s'agit de Raphaëlle, c'est-à-dire d'un personnage humain, doté de pouvoirs définis comme naturels et non pas divins. La scène est décrite avec un point de vue interne à saint Georges, celui qui voit et vit la scène sans savoir ce qui se passe (p.208-209) : "Alors saint Georges eut une vision. (…) Il ne pouvait s'agir que d'un archange." Ce personnage, très croyant, interprète ce qu'il voit comme une manifestation divine, à l'aune de ses connaissances et de son époque. Du point de vue du lecteur comme de celui des protagonistes, au contraire, son intervention n'est pas "magique". Ainsi, la présence de Dieu dans cet épisode paraît être, implicitement, due à une compréhension limitée de la situation, donc niée. Cependant, la perspective que Dieu n'est pas intervenu et que seuls les personnages venus du futur ont aidé saint Georges est aussi remise en cause par la suite : alors qu'il y a là une explication physique, rationnelle, l'interprétation du moine, plus mystique, ramène une dimension spirituelle. En effet, pour lui, c'est bien la foi qui vainc le démon, et le komolk seul n'est pas une arme suffisante. Il faut l'association de l'esprit et de la matière, du réel et du spirituel : la foi est réhabilitée, même si cette interprétation reste une hypothèse. La fin du roman semble venir la confirmer : page 270, Raphaël détruit la boîte de Pandore à l'aide d'une hache-komolk, mais aussi de son invocation "par saint Geooorges!". De même, page 272, quand Raphaëlle affronte à nouveau le Margilin, seule, elle prie avant de le frapper. Ainsi, un personnage actuel, qui a vu "l'envers du décor" lors de l'intervention de saint Georges et qui a eu le temps d'analyser la situation, s'en remet aussi à la prière : d'une certaine manière, cela signifie que Raphaëlle est d'accord avec la vision du moine, et que l'importance de l'intervention divine est réaffirmée. Par là, Strom détourne la légende, la transforme, l'utilise, mais en même temps, réhabilite et explique un épisode relativement peu fiable de la tradition chrétienne, en lui donnant une justification à la fois matérielle, dans le cadre du roman et de l'univers qu'il construit, et spirituelle, qui va bien au-delà de ce cadre.

Les miracles font partie intégrante de l'histoire : comme l'affirme l'Alchimiste John Trippletoe (tome 2, p.169), "les miracles existent, mon jeune ami. Croyez-moi, ils existent." Cette phrase, dans la bouche d'un alchimiste, représente une sorte d'argument d'autorité, qui est confirmé par la suite, par le rêve que fait Raphaël et qui le pousse à sauver Oran, puis par le fait que Tristan, touché par une arme à feu, soit "sauvé par saint Georges" quand la balle s'écrase contre sa médaille. Etant donné la probabilité qu'une balle touche précisément la médaille et ne blesse pas son propriétaire (je ne calculerai pas, mais elle est infime), on peut ici parler d'un miracle, qui arrive directement à l'un des personnages principaux. A la fin du tome 2, Raphaëlle dit aussi à son parrain qu'elle ne voulait pas passer par le portail pour aller en Egypte, mais qu'elle a "senti une sorte de force invisible qui [la] poussait dans le dos" (p.330). Comme c'est cet élément, le passage du portail vers le passé, qui entraîne toute la suite de l'histoire, et qui reste non expliqué de manière rationnelle, on peut aussi y voir un miracle. Ces éléments s'intègrent dans l'intrigue sans paraître tirés par les cheveux ou complètement improbables : cette inclusion des miracles dans l'histoire, de manière quasi naturelle, amène à les rendre vraisemblables.
Le fantôme du juge dans le tome 2 donne à voir une conception de l'au-delà à la fois chrétienne et "païenne". Les fantômes ne font normalement pas partie de la représentation chrétienne de la mort, mais le thème du spectre est traité ici de manière ambivalente : c'est un mythe profane intégré à une perspective religieuse. "L'aider, cela signifiait abréger ses peines, trouver le moyen de le faire définitivement basculer dans l'au-delà, où séjournent normalement les âmes" (p.32) suppose qu'il y a une existence après la mort, qui peut être ici aussi bien tirée de la mythologie antique (les Enfers) que du christianisme. La précision p.33 à propos des fantômes qui disparaissent tout seuls, "on suppose qu'ils ont purgé leur peine, mais ce n'est qu'une hypothèse", fait un peu penser au Purgatoire chrétien, c'est-à-dire un endroit où les morts "purgent leur peine" et expient leurs péchés avant de pouvoir entrer au paradis. L'enfer est décrit p.254 comme un lieu spirituel, et non pas matériel, dont les géhennions seraient les enclaves dans le monde matériel. La définition de "géhenne" dans le vocabulaire chrétien correspond à cette définition : Selon le site ">eglise.catholique.fr, "Le mot est la transcription de l'hébreu Ge-Hinnon (Val de Hinnon) vallée située au sud de Jérusalem, où l'on avait pratiqué des sacrifices d'enfants en l'honneur du dieu Moloch. Le feu de ces sacrifices était resté le symbole du châtiment de ceux qui refusent le salut de Dieu, et la Géhenne, dans le Nouveau Testament, est synonyme de lieu de malédiction. La symbolique de la Géhenne est souvent liée à celle de l'enfer".
La résolution de l'énigme du juge rappelle ces éléments : celui-ci dit "par un juste jugement, j'ai été condamné à l'errance" (p.313), ce qui suppose un juge qui l'aurait condamné (Dieu peut-être?); quand Raphaël, au cours du rituel, lui dit "va vers ta lumière", puis quand le vortex de lumière l'emporte, on retrouve la conception d'un "tunnel de lumière" entre la vie et la mort. Cette vision de la mort comme d'un apaisement, d'une montée au ciel, est beaucoup plus proche de l'idée chrétienne que de la représentation des Enfers dans la mythologie gréco-romaine, qui reste très sombre et assez pessimiste (pour faire simple, à part les héros qui vont aux Champs Elysées, les morts passent l'éternité à s'ennuyer sous la terre, dans un endroit qui est tout sauf lumineux). L'ambiguïté de l'au-delà dans Strom le distingue des croyances du spiritisme au sens strict, selon lesquelles on peut communiquer avec les esprits des défunts : dans le tome 1 (p. 197 et 203), Raphaëlle entre en contact avec l'au-delà, entend un chant, "elle a beaucoup aimé". Cette expérience s'accompagne de mises en garde répétées contre le satanisme et le spiritisme, qui impliquent l'existence d'un monde surnaturel qui peut s'avérer dangereux, et donc d'un paradis, mais aussi d'un enfer. De même, l'expérience de mort imminente de Raphaël dans le tome 3 (p.167), lorsqu'il se trouve entre la mort et la vie, donne un aperçu de l'au-delà. On retrouve des éléments qui confirment l'idée d'une vie après la mort : sortir de son corps, se voir, ressentir un certain calme et un sentiment de sérénité, voir de la lumière, puis un couloir (dans Strom, une porte d'or), puis une "forme blanche, lumineuse, éblouissante". (notez la magnifique gradation). Cette expérience n'est pas religieuse au sens strict, elle est étudiée aussi bien par le spiritisme que du point de vue de la religion, mais la présence d'une lumière donne l'idée d'un Après, d'un au-delà et peut-être d'un paradis. Tristan dit aux jumeaux "dites-vous aussi que vos parents peuvent vous voir d'où ils sont" (tome 1, p.172) : cela confirme l'existence d'un au-delà, ainsi que la croyance du Chevalier en cet au-delà. La suite de l'histoire, lorsque Raphaël rencontre le Maëstrom, est perturbante de prime abord : cet ajout d'une étape, d'un "étage" entre la terre et le ciel, semble incongru. On peut y voir une métaphore de l'ensemble de l'ouvrage : en effet, Strom représente une construction calée dans les interstices de la réalité, un ensemble d'éléments qui semblent plausibles parce qu'ils sont ancrés dans le réel.
Mais l'étage intermédiaire entre la terre et le paradis (ou du moins l'en-haut) est aussi une justification de l'existence de l'Organisation : si le Maëstrom même existe, et si "les pouvoirs du Strom sont beaucoup plus puissants ici" (tome 3, p.281), c'est peut-être parce que le Strom, en tant qu'énergie propre à l'homme, et la Confrérie elle-même, sont d'origine divine, pour constituer une sorte d'équivalent humain des anges gardiens.

L'existence des anges et des démons semble acquise dans Strom. C'est le cas dès le début du tome 1 avec l'intervention de l'ange gardien de Raphaël, puis avec l'évocation des "ennemis invisibles"(p.61, puis p.125) : "des puissances qu'on peut affaiblir, repousser, mais jamais détruire totalement." Cette définition, donnée par Constance Quémeneur, correspond à celle des démons dans la perspective chrétienne : en effet, les "démons" dans l'Antiquité polythéiste (chez Pythagore notamment) étaient des êtres bons ou mauvais, qui peuplent l'espace, habitent les objets, sont responsables du bonheur ou du malheur des hommes, ou d'un homme en particulier, mais dans le sens grec de δαίμων, daïmon, l'esprit malin, mais aussi le génie, l'esprit familier. Par la suite, Constance précise (tome 1, p.125) : "les forces du mal. Avec à leur tête un ange déchu." Il s'agit ici clairement d'une référence à Satan, et le fait qu'un professeur le dise fait argument d'autorité pour affirmer l'existence du diable. Dans le tome 3, le système de vidéosurveillance permet aux protagonistes (p.244) de découvrir que les "Spirituels", anges et démons, sont nombreux dans le monde. Dans le tome 2, l'apparition du gardien du temps, un ange, permet la résolution du paradoxe temporel car il empêche de modifier le passé de manière abusive, et est ainsi le gardien des limites de la réalité. Le gardien du temps sait tout, est bienveillant, mais surtout garant de l'ordre du monde, lorsqu'il déclare "la mort de ce garçon (…) n'est pas dans l'ordre naturel des choses" (tome 3, p. 175) : ces caractéristiques rappellent les attributs de Dieu, en particulier la souveraineté et l'omniscience (Dieu sait tout et a pouvoir sur tout). Mais l'ange est aussi un messager, qui joue sa fonction "traditionnelle". On peut penser aux "anges gardiens" qui sont mentionnés dès le tome 1, lors du combat contre Riveran, puis qui réapparaissent dans le tome 2 (p.258-259) en demandant du feu à Raphaël. Ici, l'ange apparaît pour faire prendre conscience au garçon que le rêve qu'il a fait est prémonitoire : c'est son apparition qui commence la série d'événements "déjà vécus" et qui fait le lien entre le rêve et la réalité. D'une certaine manière, c'est lui qui prévient Raphaël que Laurent est en danger, qui l'amène à réfléchir et à agir.
C'est surtout dans le tome 3, le seul dont l'intrigue est directement fondée sur les démons, que ces êtres apparaissent vraiment, à travers le Margilin, le "méchant" de l'histoire. Celui-ci semble être une création de Strom, mais il possède le caractère traditionnel des démons : il est séduisant de prime abord, connaît les désirs cachés de chacun et commence par y répondre pour gagner la confiance de ses victimes. Cette démarche est décrite p. 124: "il se cherche une proie, gagne sa confiance et finit par la séduire"; c'est l'un des buts des cadeaux qu'il leur offre, comme la montre d'Aymeric ou le pinceau de la jeune Chinoise. Il est capable de "déceler nos désirs cachés, nos faiblesses ou nos passions" pour les utiliser comme armes. Il cherche ensuite à isoler les gens, à les menacer, à les dresser contre les autres : son but est de semer le chaos, le désordre, dans l'humanité. On retrouve cela p.128, avec une gradation : "car l'obsession du Margilin, partout où il passe, est de semer la jalousie, la discorde, la division, la guerre, le chaos". C'est le sens étymologique du grec <diabolon>, "ce qui divise". Dans le tome 3, p.192, on trouve un exemple de cette capacité à semer la discorde, lorsque le Margilin intervient dans le village de Silène pour réclamer la fille du roi. Le "satané vieillard" est une expression à prendre au sens propre, car c'est bien un envoyé de Satan, "l'adversaire" en hébreu, qui vient semer la discorde.
Du Margilin, on passe à l'existence d'autres démons, plus ou moins puissants et dangereux, et à celle du diable lui-même : "Le Margilin agit toujours dans l'ombre, obéissant à des consignes qui lui viennent de Satan lui-même, dont il semble très proche" (tome 3, p. 121), ou "[la menace décrite dans la prophétie est] le but ultime de la mission que lui a confiée Satan" (tome 3, p.129). L'existence de Satan, autrement dit du diable, semble considérée comme acquise par les personnages, comme Constance Quémeneur dans le tome 1, ou Tristan qui affirme "j'ai de bonnes raisons d'y croire". Cette existence, posée par deux adultes référents, a une valeur d'argument d'autorité, qui suscite par ailleurs la curiosité du lecteur quant à ces raisons. Cette existence est acquise en particulier pour le spécialiste du Margilin, le moine Alexandre Giboise. Il est intéressant de voir que c'est un homme de Dieu qui est spécialiste des démons, c'est une sorte de contre-pouvoir, dans la mesure où il sait comment les combattre.
Les caractéristiques propres aux démons sont également assez traditionnelles, p. 190 (tome 3), avec les "critères d'identification des démons" : ils "ne sont capables que de singer la Création" et n'ont pas de reflet. Ils sont dangereux car ils trompent, rusent et cachent ler véritable nature : ainsi, Méphistophélès est "un être très séduisant". De plus, "on ne peut pas détruire un démon… On peut le chasser, l'éloigner, parfois le renvoyer en enfer, mais il n'est pas possible de l'anéantir". En quelque sorte, ils ne sont pas des créatures, et cela se voit à ces détails qui demeurent contre-nature, distincts du monde, en contrepartie de leur immortalité.
Les démons sont présentés comme une grande menace pour l'Organisation et pour le monde : p. 76, "on constate souvent des cas de possessions diaboliques", et p. 80, "Antonin Speiro, (…), à la tête de la cellule de veille contre les sectes satanistes". Les "sectes satanistes" sont donc prises au sérieux et considérées comme une réelle menace, car elles peuvent invoquer des démons et augmenter leur pouvoir de nuisance. Les chevaliers confirment donc l'adage selon lequel "la plus grande ruse du diable est de faire croire qu'il n'existe pas", car ils croient qu'il existe et ne sous-estiment pas son pouvoir. Comme l'explique Giboise aux jumeaux, "l'imagination du diable est aussi illimité que la folie humaine". De plus, le fait que les deux Maëstrom (ainsi que Raphaël par la suite) aient été choisis pour leur sacrifice dans un combat contre un démon souligne l'importance de cet aspect pour la Confrérie : dans l'opposition du bien contre le mal, les démons, au service du diable, incarnent le mal absolu, et les chevaliers sont en quelque sorte les garants de l'équilibre, au service du bien et sans doute de Dieu.

Dieu est mentionné plus ou moins directement dans certains cas : ainsi, p.184 (tome 2), Rakesh affirme à propos du gardien du temps "lui seul le sait, ou son maître, dit-il en pointant un doigt vers le ciel." De même, le "scénario écrit par… Dieu sait qui" (tome 2, p.338) peut être compris au sens propre : c'est effectivement Dieu qui sait qui a écrit cette histoire, voire qui l'a écrite lui-même. (on peut y voir aussi une double énonciation où les auteurs font un clin d'œil au lecteur, qui, lui, sait qui a écrit cette histoire, mais cette interprétation suffira pour le moment.) La présence de Dieu est sous-jacente dans les trois tomes : la présence des anges et des démons, le combat du bien contre le mal supposent l'existence de Dieu, en tant que puissance bénéfique qui donne un sens au monde et qui garantit la justice et l'équilibre.
Ainsi, la trilogie Strom comporte de nombreuses références religieuses, en particulier bibliques : leur méconnaissance n'empêche pas la compréhension de l'œuvre, mais leur compréhension permet d'accéder, comme dans la Bible, à plusieurs niveaux de lecture.

II. On retrouve aussi des symboles, des rites ou des cérémonies qui se rapprochent du christianisme.
La filiation de l'Organisation avec la chevalerie médiévale en est le premier indice : la Confrérie est présentée d'emblée comme une organisation ancienne et héritière d'une tradition médiévale. La première description de la chancellerie du Louvre donne cette impression : elle est décrite comme un donjon médiéval, qui comporte des casques, des armures, des blasons, c'est-à-dire tous les objets qui font partie de l'imaginaire de la chevalerie. En outre, en partie par leur association au Moyen Age, les chevaliers sont associés à la foi et à la défense de la foi. C'est en particulier le cas des Templiers, qui sont présentés comme les ancêtres des chevaliers de la Confrérie moderne. Celle-ci, héritière de leur trésor (tome 1, p.151), est aussi dépositaire de leurs valeurs. Plus généralement, on retrouve la chevalerie à travers différents éléments dans la trilogie : les principaux grades de l'Organisation (apprenti, page, stromillon puis chevalier) en sont issus, notamment les titres de page et de chevalier, même s'il peut être surprenant qu'il n'y ait pas d'écuyer dans Strom. Les stromillons sont les équivalents des écuyers, dans la mesure où ils assistent le chevalier qui les forme (en l'occurrence, leur parrain) lors de ses missions, sans être cantonnés cependant au statut peu valorisant de "porte-bouclier", ce qui explique peut-être en partie ce renouvellement de leur nom. Le passage d'un grade à l'autre donne lieu à une cérémonie de passage, très chargée symboliquement, même si elle n'est pas ouvertement religieuse. En effet, tout comme dans la cérémonie médiévale d'adoubement d'un chevalier, il y a une nuit de veille et de prière, une référence aux saints protecteurs de l'ordre dans le discours du seigneur qui arme chevalier ("par saint Michel et par saint Georges"), ainsi que la remise des armes à l'ancien apprenti. Cette cérémonie est décrite, par exemple, dans le roman de Renart (p.778-779, édition Lettres gothiques, livre de poche, 2005), lorsque les fils de Renart sont faits chevaliers : (Je cite la traduction en français moderne) "Pendant la nuit, ils veillèrent à l'église, et quand arriva le lendemain, le roi de sa propre main ceignit l'épée à chacun d'eux, et il leur frappa l'épaule du plat de sa propre épée. Une fois qu'ils furent chevaliers…"
C'est lors d'une cérémonie que le futur chevalier reçoit sa médaille, pendant de l'épée médiévale. La médaille est bien une arme et est bien l'équivalent de l'épée, dans la mesure où elle permet de canaliser le Strom et de neutraliser un ennemi, elle représente le rang du Chevalier et est signe d'appartenance à l'Ordre. Son importance est énorme : c'est d'ailleurs le premier signe distinctif des Chevaliers que repèrent les jumeaux, dès leur arrivée dans l'Organisation, avant même d'en connaître le nom, car c'est le point commun entre Tristan, l'ambassadeur Rondot et Constance Quémeneur (début du tome 1). La chevalerie et sa continuité se retrouve aussi lorsque les armures médiévales prennent vie sous l'action du Strom chez l'antiquaire Cocherel : dans une certaine mesure, cet effet spectaculaire (et inutile dans l'avancée de l'intrigue, comme le reconnaît Tristan lui-même) symbolise une renaissance de la chevalerie, qui demeure vivante et agissante, au service du bien face au mal (cupidité, malhonnêteté, égoïsme) que représentent Cocherel et son domestique.
Les cérémonies à caractère religieux jouent un rôle important dans l'histoire, au-delà même de l'aspect rituel de la chevalerie : l'exorcisme, évoqué dans le tome 2, est à la fois une cérémonie magique et un rituel religieux. Selon le Larousse, c'est une "pratique religieuse ayant pour but de chasser le démon qui a pris possession de quelqu'un." Dans Strom, c'est bien cet aspect qui est mis en avant : ainsi, les parents des jumeaux meurent au cours d'une telle cérémonie en tentant de chasser un démon : "ils étaient venus avec un prêtre pour exorciser le général"" (tome 2, p.76). La mention du prêtre place la cérémonie sous le signe du catholicisme, et lève toute ambiguïté avec une cérémonie de spiritisme par exemple.
De plus, la "petite fiole" contenant un "liquide transparent" qu'emporte Raphaël pour délivrer le fantôme de sa malédiction dans le tome 2 (p.306), de manière assez précise, renvoie presque explicitement à l'eau bénite utilisée dans les cérémonies chrétiennes pour purifier ou bénir. Le fait que le terme "eau bénite" ne soit pas explicitement présent ne fait que confirmer cette hypothèse : le fait de dire de quoi il s'agit aurait désacralisé ce symbole, comme c'est le cas dans la série Golem d'Elvire, Lorris et Marie-Aude Murail, lorsque Sébastien vainc l'ectoplasme électrique à l'aide d'un pistolet à eau bénite. C'est ce que propose d'ailleurs Raphaëlle dans le tome 3 (p.131), "On lui dit "haut les mains !" en le menaçant d'un pistolet à eau bénite ?", mais il s'agit ici d'une proposition ironique qui vise précisément à stigmatiser ce type d'utilisation. (je ne détaille pas la comparaison entre les deux œuvres parce que je n'ai pas le courage de le faire. x) ) Ainsi, le rituel de délivrance du fantôme devient aussi une sorte de cérémonie religieuse.
La révélation de la dernière prophétie de Nostradamus, dans le tome 3, est une sorte de cérémonie rituelle pour les Chevaliers, car c'est un grand rassemblement des membres de l'Ordre, dont les plus hauts "gradés" portent une cape, c'est-à-dire une tenue traditionnelle et solennelle, pour l'occasion. Ce n'est pas seulement cette dimension solennelle qui est intéressante, mais surtout la réécriture du passage de la Pentecôte qui transparaît. Les Chevaliers, tout d'abord, sont réunis dans la salle des prophéties, une salle fermée et inaccessible depuis l'extérieur, comme les disciples de Jésus après sa mort. On trouve cet épisode dans la Bible, dans les Actes des apôtres (2, 1-4) :
"Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, selon ce que l'Esprit leur donnait d'exprimer."
Ce passage est à mettre en parallèle avec le passage suivant dans Strom (tome 3, p. 62 et suivantes) :
"Le minutage de la cérémonie était parfait car le son grêle d'une sonnerie déchira aussitôt le silence." On retrouve ici le bruit, même si celui-ci est prévu, organisé par les hommes, et non d'origine divine. Tout se passe comme si les Chevaliers rejouaient, consciemment ou non, la scène de la Pentecôte.
"-A présent, je demande aux chevaliers enquêteurs de prendre place.
Il y eut un mouvement de foule et deux à trois cents séides se positionnèrent en demi-cercle au milieu de la salle des prophéties, face aux chanceliers et aux alchimistes. Tristan était parmi eux.
-J'en appelle aux esprits du feu ! s'exclama un alchimiste." Ici, ce sont à nouveau les hommes qui agissent, qui préparent la cérémonie.
"Aux paroles du séide-alchimiste, les furolins s'agitèrent, comme si une bourrasque venait d'attiser les flammes de leur corps. Puis toutes ces torches vivantes se rapprochèrent des officiels jusqu'à converger en une éblouissante gerbe de feu, crépitant plusieurs mètres au-dessus du sol. (…) Aussitôt qu'il eut clamé le dernier vers, les furolins se dispersèrent à nouveau. Ils avaient changé de couleur, virant au vert émeraude. Les esprits de feu semblaient irrésistiblement attirés vers les séides-enquêteurs, toujours placés en demi-cercle." On retrouve dans ce passage l'idée d'un grand coup de vent, dans une succession d'événements trop précise pour être une coïncidence. La dimension esthétique et chorégraphique est ajoutée dans Strom, mais par la suite, l'imprévisibilité des langues de feu réapparaît, lorsque deux d'entre elles vont se poser sur Raphaël et Raphaëlle. D'une certaine manière, dans cette cérémonie à la minutie parfaite, l'imprévu, ou peut-être le divin, réapparaît.
Les furolins dans Strom semblent représenter l'Esprit saint, les "langues de feu" de la Bible : ainsi, les Chevaliers, et en particulier les jumeaux, s'inscrivent dans une tradition symbolique et religieuse forte quand ils sont touchés par ces langues de feu. C'est ici un épisode très important des débuts du christianisme qui est rejoué, avec un sens renouvelé, mais de manière tout de même très traditionnelle et reconnaissable.

Les lieux et les objets de l'histoire ont une valeur symbolique : la ville de Silène, reprise dans Strom (tome 3, p.181), "Silène, située entre Damas et Jérusalem", est située entre deux villes symboliques essentielles dans l'histoire des premiers chrétiens, entre le lieu de conversion de saint Paul et la ville de la crucifixion du Christ. Le symbole est donc celui d'un équilibre, de la convergence de deux forces opposées, comme la confrontation entre saint Georges et le Margilin. Silène est aussi évoquée par Jacques de Voragine comme cadre de la légende de saint Georges. Le récit de Strom est donc une réécriture, la reprise d'une hagiographie (vie de saint) "de référence", jusque dans les moindres détails. Égypte, le pays dans lequel se retrouvent Raphaëlle et Tristan dans le tome 2, est aussi un cadre biblique : il rappelle la fuite d'Egypte des Hébreux sous la conduite de Moïse, mais aussi la fuite en Égypte de Marie et Joseph avec Jésus après sa naissance. Dans Strom, les personnages se déplacent à dos d'âne à travers l'Égypte, comme le fait Marie selon la tradition iconographique et les textes apocryphes (il n'est pas dans l'Évangile de Matthieu et est même évoqué dans "les introuvables" de la Bible par ZeBible (éditions Bibli'O, 2011) ). On retrouve ici, dans une certaine mesure, une tradition chrétienne.
Le komolk/oiseau du tome 2 qui va prévenir Nitokris rappelle la colombe, un oiseau symbolique dans la Bible. Dans l'Ancien testament, c'est elle qui prévient Noé que les eaux ont baissé après le déluge en rapportant un rameau d'olivier ; dans le Nouveau testament, c'est le symbole de l'Esprit Saint, qui est présent lors du baptême de Jésus en particulier (Matthieu, 3, 13-17) : "il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui." L'oiseau messager divin est un élément traditionnel dans de nombreuses cultures, notamment chez les Egyptiens, mais on peut voir cette apparition dans Strom comme une référence biblique et chrétienne.
Les médailles de saint Georges des membres de la Confrérie sont aussi à mettre en parallèle avec la médaille qu'on reçoit traditionnellement au baptême, qui est souvent offerte par le parrain et/ou la marraine, et qui représente généralement un saint. Cette médaille a un rôle "magique" pour les chevaliers, car elle sert à canaliser leur pouvoir, tout comme elle peut symboliser la protection d'un saint patron pour les catholiques. De fait, la médaille en tant qu'objet "banal" sauve la vie de Tristan dans le tome 2, en arrêtant la balle que tire Aristide Fandor sur lui : les différentes dimensions -réelle, spirituelle et magique- de l'objet sont alors conciliées pour permettre un rebondissement de l'intrigue et une fin heureuse.
La symbolique des nombres, avec le chiffre de la Bête évoqué dans le tome 1 (p.252), rappelle des œuvres d'inspiration religieuse, notamment l'Apocalypse de saint Jean, dans la Bible, pour le nombre 666. Ce nombre est mentionné au chapitre 13, des versets 16 à 18 : "La bête obligeait tous les êtres, petits et grands, riches et pauvres, esclaves et libres, à recevoir une marque sur la main droite et sur le front. Personne ne pouvait acheter ou vendre s'il n'avait pas cette marque, c'est-à-dire le nom de la bête ou le chiffre qui correspond à ce nom. (…) Celui qui est intelligent peut trouver le sens du chiffre de la bête, car ce chiffre correspond au nom d'un homme. Ce chiffre est six cent soixante-six." Ces versets, assez énigmatiques, sont à l'origine d'une longue tradition symbolique autour du chiffre "666" : je recopie ici le commentaire proposé par ZeBible. "On a beaucoup commenté le nombre 666, chiffre de la bête. Alors que le chiffre 7 représente la perfection, la plénitude, le 6 est le symbole de l'imperfection, de l'inachevé (6=7-1). Le nombre 666 indique donc une triple imperfection, l'imperfection totale. C'est probablement un code chiffré pour désigner l'empereur romain, persécuteur des chrétiens. Plus généralement, ce signe satanique, imposé à tous, désigne tous les pouvoirs totalitaires qui s'opposent à Dieu et dominent les hommes." [Ceci était une digression, mais je la trouvais intéressante, alors je l'ai laissée.] Pour le nombre 34, il s'agit de la Divine comédie de Dante ; comme le rappellent les personnages, cet ouvrage comporte 34 chants. Composé au XIVe siècle, ce poème est effectivement antérieur au mythe de Faust, ce qui explique l'usage de ce chiffre dans l'énigme qui permet d'accéder à la demeure de Faust, "renversez l'inconnue et en tous sens surgira la Bête". Il s'agit ici d'une référence anecdotique, qui a essentiellement pour but de poser une énigme que les apprentis peuvent résoudre, mais elle est tout de même fondée sur une conception à la fois chrétienne et antique des nombres. En effet, "le plus grand et le premier représentant de la symbolique des nombres en Occident, c'est Pythagore, (…) [qui] établit des correspondances (omoiômata) entre nombres et choses, par exemple un et essence, deux et opinion, trois et tout, quatre et justice, cinq et mariage". (cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolisme_des_nombres#Classiques ) A travers cet élément symbolique cité en passant est établi un lien entre une théorie du fondateur de l'Organisation et une symbolique chrétienne qui applique et prolonge cette conception.

Les noms et les mots ont aussi, parfois, un double sens symbolique : le nom du parrain d'Arthur, Joseph Taufel, est ainsi doublement significatif. Son prénom, d'abord, est celui du père "adoptif" de Jésus dans la Bible : il apparaît donc comme le garant de l'autorité parentale par excellence, et de fait, même si Arthur vit à l'orphelinat, Joseph est au début de Strom celui qui s'apparente le plus à un père pour lui, sans être son père biologique. Son nom de famille, Taufel, a également un sens fort : en effet, die Taufe en allemand signifie le baptême, et taufen baptiser. Joseph Taufel, à défaut d'être un père pour Arthur, est donc l'archétype du parrain par son identité même ; il garde ce rôle tout au long de la trilogie et il ne peut se substituer au père, car cela ferait obstacle à la quête d'identité d'Arthur et à sa découverte du nom de son vrai père. Son nom même définit son rôle protecteur et sa place de parrain au sens chrétien, tout en introduisant une distance entre son filleul et lui (il n'est pas un vrai père et ne peut être un vrai père), et par là, explique une relation différente de celle de Tristan et ses filleuls.
Le prénom de Tristan peut faire penser à Tristan et Iseut, une histoire du XIIe siècle qui raconte un amour impossible entre un chevalier et une femme mariée. En un sens, le parrain des jumeaux se trouve dans cette situation, dans la mesure où il aime Elise, qui aime son mari. Contrairement à la légende médiévale, Elise reste fidèle à son mari ; cependant, la dimension symbolique du personnage de Tristan déchiré par un amour impossible et interdit demeure dans Strom.
Le prénom "Raphaël", celui des jumeaux, a un sens symbolique encore plus visible et fort : l'archange Raphaël, traditionnellement, est en effet un messager, un guide, dont le nom signifie "Dieu guérit". C'est aussi le saint patron des voyageurs. Dans l'Ancien Testament, Raphaël apparaît dans le livre de Tobit, des chapitres 5 à 12 : l'ange apparaît auprès du fils de Tobit, Tobie, qui cherche un compagnon de voyage pour aller en Médie. Il promet à Tobit, qui est aveugle, que Dieu va le guérir, et accompagne son fils en voyage. Il le conseille, le rassure, le protège, tout en le laissant faire ses propres choix. Sur les conseils de Raphaël, Tobie gagne un combat contre un gros poisson et le tue, trouve une femme, Sara (qu'il libère en passant d'une malédiction démoniaque), rentre chez ses parents et guérit son père. L'ange finit par révéler qui il est, puis disparaît au ciel. On peut mettre en parallèle cette apparition et celles des jumeaux au cours de leurs divers voyages dans le temps : l'ange apparaît de nulle part au moment où les personnages ont besoin de lui, il réconforte, guide, sait des choses que les personnages ne savent pas (par exemple, comment chasser un démon en brûlant le foie et le cœur du poisson). Il met de l'ordre dans la vie de ceux qui croient en lui, aide, voire sauve (sans lui, Tobie aurait été mal barré pour revenir vivant de son voyage). De même, les jumeaux arrivent en Égypte, ou à Silène, à partir de nulle part, et leur intervention est providentielle pour les héros "locaux", la reine Nitokris ou saint Georges. Ils jouent le même rôle que l'ange gardien, voire le rôle de l'ange gardien lui-même lorsque Raphaëlle intervient auprès de saint Georges alors que la venue d'un "véritable" ange est attendue de tous. Dès le départ, la dimension angélique des jumeaux est annoncée : dans le tome 1 (p.19), on peut lire "petite, déjà, quand on lui demandait on nom, elle répondait "Raphaëlle, avec deux ailes", en imitant l'oiseau. Ou l'ange." De même, la lettre que les parents des jumeaux leur ont laissée indique "nous vous avons choisi un prénom d'ange" : cette signification symbolique est ainsi relativement explicite. Enfin, dans le tome 1, Raphaëlle entend un "chœur d'anges", et Raphaël voit à plusieurs reprises son propre ange gardien : de cette manière, les jumeaux sont des intermédiaires entre les anges et les hommes, et comme les anges, ils sont des messagers. Par leur nom, ils sont à la fois sous la protection de l'archange et images de l'archange dans le monde des hommes. Sans que les jumeaux soient véritablement des anges pour autant, on peut donc dire qu'ils portent bien leur prénom…
La voie des Chevaliers est présentée comme une vocation au sens quasi religieux du terme. Dans le tome 1, p. 171, les jumeaux découvrent le jour de leur anniversaire une lettre de leurs parents qui leur ont écrit, avant leur naissance, "il semble que, comme nous, vous soyez appelés à devenir des Chevaliers de l'Insolite." Le verbe "être appelé à" implique une vocation, au sens propre, c'est-à-dire le fait d'être appelé (vocare, en latin, voulant dire "appeler"). Être Chevalier est donc un choix qui dépasse l'individu, même s'il dépend ensuite de sa volonté propre de rester ou non dans l'Ordre, comme c'est le cas pour une vocation religieuse. La formulation choisie par les parents de Raphaël et Raphaëlle a donc un sens symbolique important.
Dans le tome 3, page 263, au cours de la cérémonie satanique orchestrée par le Margilin, celui-ci déclare "vous deviendrez les premiers disciples". Le mot "disciple" a un sens fort, car il caractérise normalement les disciples du Christ. Il s'agit d'une sorte de caricature des débuts du christianisme, mais inversée, étant donné que c'est le mal qui cherche à l'emporter. C'est d'autant plus vrai que les "disciples" contraints par le Margilin de le suivre sont treize, chiffre symboliquement négatif, associé au désordre, contrairement au nombre 12 (les 12 apôtres) qui est associé à l'idée de perfection. Ainsi, dans ce roman, on assiste dans une certaine mesure à une remise en scène des débuts du christianisme : le mal, étant vaincu, rend sa place légitime au bien.
La conclusion du tome 3, "Ce que l'on appelle fin n'est souvent que le début d'autre chose", a plusieurs sens possibles. Tout d'abord, on peut comprendre que la fin de l'histoire, de la trilogie, implique le début d'une nouvelle histoire pour les personnages, qu'il revient au lecteur d'imaginer. On peut aussi y voir l'annonce d'une suite potentielle de la série dans un quatrième tome. Cette phrase peut également évoquer l'existence d'une vie, ou du moins de quelque chose, après la mort, et constituer une sorte de morale aux derniers chapitres, une conclusion de l'expérience vécue par Raphaël : l'existence d'un "en-haut" dans le livre garantit bien un "début d'autre chose" après la mort, qui est la "fin" la plus évidente et la plus inévitable que l'homme conçoit…

III. La vision du monde donnée par Strom est aussi marquée par des valeurs, un rapport au monde particulier, marqué par le christianisme.
On le voit dans la représentation du bien et du mal : les chevaliers ne doivent pas seulement combattre les démons, mais aussi combattre leurs démons, "lutter contre les ennemis invisibles et contre vous-mêmes" (tome 1, p.61). On retrouve ce leitmotiv tout au long de la série : Olympe déclare "Les forces obscures se nourrissent de la haine, puisent dans ces conflits une énergie nouvelle. Et ce combat-là nous concerne directement." (tome 2, p.122). Le bien et le mal sont une affaire individuelle avant d'être des concepts cosmiques. Le Dragon jaune explique aux apprentis (tome 2, p.49) "vous allez lutter contre la peur, la paresse, l'intempérance, la jalousie, la colère, l'orgueil, tout ce qui vous tire vers le bas" : dans cette énumération, on retrouve une grande partie des sept péchés capitaux que sont l'orgueil, la luxure, l'avarice, la jalousie, la gourmandise, la colère et la paresse. Dans cette liste, les mots en italique sont ceux qui sont repris tels quels par le personnage ; la luxure comme la gourmandise sont des sous-catégories de l'intempérance ; la peur semble être un ajout, pertinent dans le cadre du cours de Lin Young Tsang, car les Chevaliers y sont particulièrement confrontés et c'est un lourd handicap pour eux. Il est d'ailleurs intéressant de voir que c'est un personnage censé être imprégné de sagesse orientale, de par son origine asiatique, qui donne cette liste, et qui incarne et transmet des valeurs chrétiennes, leur donnant ainsi une portée universelle. Le mal, c'est aussi l'orgueil, l'ambition qui caractérise tous les méchants de la série, aussi bien Faust qui accepte de signer un pacte avec le diable qu'Aristide Fandor ou même le Margilin, qui est persuadé qu'il va réussir. Au contraire, les Chevaliers se caractérisent par (et sont valorisés pour) leurs qualités morales : dans le tome 3, on peut lire à propos de Raphaël et Raphaëlle "ces deux jeunes stromillons font preuve d'une confiance inébranlable. Ils ont compris que la résignation et le doute sont nos pires ennemis dans l'épreuve que nous allons affronter" (p.111-112). La confiance, étymologiquement, est liée à la foi, fides en latin, qui a les deux sens à la fois : le terme de "confiance" a ici une connotation religieuse, de même que le doute, qui au contraire, signifie une absence de foi. L'antithèse confiance/doute peut se lire à plusieurs niveaux : elle concerne en premier lieu la réussite de la mission des jumeaux, et en filigrane, la notion de croyance religieuse. En ce sens, les qualités morales, c'est-à-dire les valeurs positives qui guident les personnages, sont aussi des qualités spirituelles.
L'antagonisme entre le bien et le mal se manifeste aussi dans l'opposition entre l'Organisation et les sectes, qui est présente dans toute la série, mais en particulier dans le tome 1. Les personnages insistent à diverses reprises sur les notions de liberté, de libre arbitre et de droiture qui distinguent la Confrérie d'une organisation sectaire, malgré son côté secret et sélectif. "C'est peut-être une secte ? suggéra Raphaël. –Connaissant Joseph, ça m'étonnerait sérieusement, répondit Arthur." (tome 1, p. 52). Constance Quémeneur affirme également que "les sectes ou les groupes satanistes, par exemple, s'appuient sur des récits ésotériques. Mais (…) notre organisation, elle, se bat pour le bien de l'humanité" (tome 1, p.124). L'introduction de cette opposition, en plus de poser une limite entre le bien et le mal, peut contribuer à défendre Strom contre d'éventuelles accusations de prosélytisme : en effet, à travers les personnages qui réfutent tout lien avec une organisation sectaire, le livre justifie les opinions défendues et les thèses qu'il sous-tend.
Le personnage du moine, Alexandre Giboise, est une incarnation de valeurs chrétiennes, sans pour autant tomber dans l'intégrisme ou la caricature. Ce personnage introduit une réflexion sur l'existence et le monde, à travers les yeux des jumeaux, que partage a priori le lecteur : en effet, Alexandre Giboise, ancien policier et enquêteur qui se fait moine, a de quoi interpeller. "A présent, il vivait reclus dans une abbaye, loin de tout. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il être heureux ?" (tome 1, p.215-216). Ces questions, au discours indirect libre, traduisent à la fois les questions que se pose Raphaël et l'interrogation du lecteur, traduite par le narrateur. La réponse est profondément philosophique : "A cause du chant des ruisseaux, du sifflement des marmottes, du bruissement des feuilles, du vol des oiseaux. A cause du soleil, du vent qui caresse les champs. Devant le spectacle de la nature, le regard et le cœur ne font plus qu'un." Il s'agit là d'un idéal de contemplation plus que d'un véritable discours religieux. Cependant, le moins introduit ensuite une dimension plus mystique en expliquant qu'il s'interroge sur l'énigme de l'univers : "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" En filigrane apparaît le http://www.alarencontreduseigneur.fr/2009/12/cantiquefreresoleil/"> Cantique de Frère Soleil de saint François d'Assise , où l'on retrouve la louange des éléments naturels, l'eau, le soleil, la terre, le vent, que reprend ici Giboise. Il ne s'agit donc pas d'une simple contemplation de la nature, mais bien d'une recherche d'une réalité spirituelle.

L'importance du service est par ailleurs très grande. Les Chevaliers s'engagent lors de leur cérémonie d'adoubement à "servir [leur] prochain" (tome 2, p.347), et le service correspond aussi à l'un des trois S que les apprentis doivent respecter. Cette mise en avant du service à rendre aux autres gratuitement fait penser au scoutisme, à la "bonne action quotidienne". En outre, le "proverbe komolk" cité par Sparadrap, "même le plus noir nuage a toujours sa frange d'or", est un vers d'un chant scout, l'espérance. De même, Olympe témoigne de sa culture en matière de chants scouts en chantant (faux) Chevaliers de la Table ronde (tome 1, p.151), mais surtout L'homme de Cro-Magnon (p.153), qui est également un chant typique du scoutisme. Ainsi, de manière assez discrète, Strom est imprégné par le scoutisme, ses valeurs et sa culture.
Faust, sa légende et sa fin revue par Strom sont aussi l'occasion de mettre en avant des repères moraux chrétiens : la damnation, mais aussi et surtout le pardon et la possibilité de salut. Faust est présenté d'emblée comme un personnage mystérieux, puissant et inquiétant : dans le tome 1, p.72, on apprend qu'il a un accent allemand et lit Die Zeit, un journal allemand "de référence". Le lecteur le découvre aussi à travers la phrase de code "F cueille la marguerite". Ce personnage est d'abord présenté à travers sa légende : c'est un vieil homme dont "les gestes étaient lents, comme si le temps ne comptait pas", ce qui est à la fois intrigant et inquiétant ; p.240, il est décrit comme "le marquis noir" ; il fixe un rendez-vous à l'antiquaire dans "l'Antre du diable", ce qui lui donne une dimension diabolique, confirmée par la suite lorsqu'on apprend qu'il n'a pas d'aura, c'est-à-dire pas d'âme. Sa description physique lors de sa première apparition, lors de l'entrevue avec l'antiquaire, est également inquiétante : il porte un vêtement de bure, c'est-à-dire l'habit que portent les moines ou les ascètes, et l'omniprésence du noir évoque une malédiction, un homme perpétuellement dans l'obscurité. Faust est à la fois rendu menaçant et intéressant par sa volonté de dissimuler son identité, mais aussi son époque, par un vêtement qui a traversé les siècles. Son château est aussi décrit comme une inquiétante énigme au fur et à mesure de la progression de Tristan et des jumeaux, et son décor, "quatre squelettes dos à dos qui crachaient de l'eau dans un bassin circulaire", a un côté macabre assez prononcé. Ces squelettes font penser aux vanités dans la littérature et la peinture classiques, fondées sur le motif du memento mori ("souviens-toi que tu es mortel") : ce type de préoccupation, à la fois paradoxal et obsédant pour un immortel, souligne la solitude et le désespoir de celui-ci. De même, le thème du temps rappelle le proverbe latin "vulnerant omnes, ultima necat", c'est-à-dire "toutes [les heures] blessent, la dernière tue", un autre leitmotiv sur la fuite du temps. La révélation de son identité et la conclusion de son histoire, pages 270 à 275, sont une réécriture du mythe en même temps qu'un prolongement : la Damnation de Faust de Berlioz (1846), évoquée dans Strom, se termine avec la descente aux enfers de Faust et la montée au ciel de Marguerite. Dans Strom, Faust sort de l'enfer dans lequel il est plongé et qui est son immortalité : Berlioz avait résolu le sort de Marguerite, Strom résout celui de Faust lui-même. Les valeurs que sous-tendent ce mythe, et en particulier la version présentée ici, sont essentielles : à travers cette histoire, l'existence du mal et du diable sont mises en avant, mais on trouve aussi, et surtout, la possibilité d'une rédemption.
Certaines valeurs ou représentations, qui apparaissent en filigrane, peuvent aussi être mises en lien avec la conception chrétienne du monde : c'est le cas pour le modèle familial "traditionnel" qui a une grande place, et pour le grand respect accordé à la vie. En ce qui concerne le modèle familial, les héros de Strom sont orphelins, comme le sont "traditionnellement" de nombreux héros, mais ils vivent dans un cadre très structuré, dans lequel Tristan leur tient lieu à la fois de père et de mère, de "béquille" qui remplace les parents (tome 2). Dès le tome 1, du point de vue d'Arthur qui rend visite aux jumeaux pour le week-end, le cadre familial de Raphaël et Raphaëlle apparaît comme un idéal (p.114), une "vraie" famille fondée sur des liens affectifs forts et une grande complicité. En creux, à travers ce que les héros (dont Arthur) n'ont pas et surtout n'ont plus, la "famille idéale" apparaît : deux parents qui s'aiment, des enfants aimés et désirés. A défaut, l'amour familial complète ou remplace ce cadre, comme le fait Tristan pour les jumeaux. Arthur décrit la femme de sa vie (tome 3, p.235) comme la compagne d'un amour durable, stable, contrairement à Suzanne qui est très superficielle : dans cet antagonisme entre les valeurs des deux personnages "faire-valoir", c'est Arthur qui l'emporte indirectement à la fin, car les souvenirs de Suzanne sont effacés à la fin du tome 2, mais pas ceux du garçon après le tome 3. L'avis d'Arthur, qui n'a pas connu ce type de famille "nucléaire-idéale", a d'autant plus de poids qu'il mesure la chance de ceux qui ont une "vraie" famille. En ce sens, la souffrance qu'il éprouve à l'idée d'avoir été abandonné et de ne pas connaître ses parents, et qui le pousse à transgresser les règles de l'Organisation, est d'abord la souffrance d'avoir été rejeté et de ne pas être aimé, comme s'il n'avait pas eu sa place dans une famille : le fait d'apprendre, à la fin du tome 2, que ses parents ne l'ont pas abandonné volontairement est ainsi un soulagement pour lui, une compensation à leur perte.
En outre, les personnages de Cybille et Oran, qui apparaissent dans le tome 2, ne sont pas anodins, et le point de vue du narrateur à leur sujet non plus : la représentation de personnages handicapés s'accompagne d'emblée d'un message d'acceptation et d'intégration. Dans le tome 3, la famille de Laurent est réunie, ce que la mère de celui-ci qualifie de "petit miracle de Noël" (p.230) : cette réparation témoigne d'un certain idéalisme, car la réunion d'une famille dans de telles circonstances est loin d'être évidente, mais c'est aussi la marque d'un engagement et d'un espoir que cela soit possible. Dans le tome 2, à partir de la page 65, quand Cybille et Oran sont évoqués pour la première fois, la façon de donner à voir leur maladie et leur personnalité est un très net appel à la compassion, au sens propre du terme, c'est-à-dire à une identification et une proximité avec eux et pas une forme de pitié. Dans le tome 2, p.69, le handicap de Laurent est décrit comme "une petite chose, invisible à l'œil nu, qu'on appelle chromosome", et il se manifeste dans ses "gestes un peu brusques" : grâce à l'emploi de modalisateurs (petit, un peu), il y a ici une sorte de minimisation de sa différence en même temps qu'une explication. Par ailleurs, il n'y a pas de jugement direct contre les parents du garçon, mais ils ne sont pas excusés pour autant de leur abandon. De même, dans la lettre que leur écrit Raphaël (tome 2, p.266), on trouve le même type de mise en valeur de Laurent, qui est décrit essentiellement par ses qualités. Dans cet échange épistolaire apparaît ensuite la culpabilité des parents de Laurent (p.336) lorsqu'ils répondent à Raphaël : il est rare de voir apparaître cette dimension de manière si explicite. Évoquer une autiste et un trisomique dans un seul roman et sous-entendre de cette manière qu'ils sont normaux et à intégrer est une démarche militante et une prise de parti à souligner, d'autant que la possibilité d'un progrès et d'une guérison est envisagée (p.334). Dans les romans, Oran devient membre de la SSR (Société secrète Rapharic) et Cybille de la Confrérie des Chevaliers de l'Insolite : le message que fait passer Strom ici est que ces enfants ont leur place dans la société. Il s'agit bien d'une démonstration par l'exemple que le handicap mental ne doit pas être passé sous silence ni facteur de rejet, et l'argumentation implicite est relativement efficace : même si elle présente une réalité idéalisée, elle a le mérite de présenter cette réalité. En creux, on trouve dans Strom une nette opposition à l'avortement et à l'euthanasie, qui a une dimension militante et affirmée de par l'insistance du narrateur à ce sujet à plusieurs reprises. Tristan dit à propos de la mère des jumeaux qui se trouve dans le coma "où qu'elle soit, je suis sûr qu'elle nous entend" (tome 3, p.81) : cette conception suppose une subsistance de l'âme malgré des dysfonctionnements du corps. Elle justifie le fait qu'Elise soit maintenue en vie à l'hôpital, même s'il n'y a pas d'espoir de la réanimer. Le roman confirme, à la fin, cette conception émise d'abord par un personnage, quand Raphaël rencontre l'"âme" de sa mère, bien consciente, dans un entre-deux à mi-chemin entre la Terre et le ciel : l'argument implicite que sous-tend cette rencontre est que s'il existe une possibilité que la conscience survive quelque part et agisse de cette manière, le maintien en vie se justifie pleinement. C'est d'autant plus vrai qu'Elise, en tant que Maëstrom, joue un rôle déterminant pour l'humanité dans la situation où elle se trouve : son incapacité physique d'agir est compensée par son omniscience et son influence dans l'Organisation, au service du bien qui plus est. Tout le roman tend donc vers une démonstration implicite du fait que la vie d'Elise vaut la peine d'être préservée.
Strom est en intertextualité avec d'autres livres ou textes, en particulier des œuvres de littérature jeunesse.
On trouve dans Strom des éléments du Petit Prince de Saint-Exupéry. Dans le tome 1, Numéro 7 déclare que "beaucoup de choses sont invisibles pour les yeux.", ce qui reprend le célèbre "l'essentiel est invisible pour les yeux" du Petit Prince.
Un autre élément marquant en ce qui concerne la religion est le lien de Strom avec la tétralogie La porte des Anges de Michael Dor, un auteur qui est d'ailleurs cité dans les remerciements à la fin du tome 3. La phrase "la réalité dépassait la fiction la plus folle" (tome 1, p.271) rappelle, même si c'est sans doute un lieu commun et par là une coïncidence, une citation de la Porte des Anges selon laquelle "la réalité dépasse parfois la fiction". Il y a une différence évidente entre les deux séries : La Porte des Anges est définie comme une tétralogie de fantasy chrétienne, alors que Strom est une trilogie "grand public", sans étiquette religieuse préétablie. On trouve un certain nombre d'éléments communs aux deux séries : une remise en cause très virulente du spiritisme et des cérémonies satanistes ; le voyage dans le temps des héros et la question du paradoxe temporel qu'il entraîne ; le rôle de l'ange gardien qui guide et protège ; l'action d'une puissance supérieure, ou divine, qui participe au combat du bien contre le mal et qui motive l'action des héros. Ces questions ne sont pas traitées de la même manière dans les deux séries : dans La porte des Anges, la religion catholique est beaucoup plus explicitement présente. Les deux séries sont construites à l'image de la relation des héros avec le personnage secondaire du "parrain religieux" : dans la porte des Anges, c'est le frère Athanase, un personnage clé car c'est le gardien de la Porte des Anges, qui est moine, alors que dans Strom, ce n'est que le parrain de Tristan, le parrain du parrain, plus distant, moins important pour l'intrigue et plus âgé. Il y a par là une prise de distance qui marque métaphoriquement l'imprégnation moins forte, et moins visible directement, des valeurs et de la religion chrétiennes.
Ainsi, Strom est imprégné de valeurs profondément chrétiennes en ce qui concerne le respect de la vie, de la "différence", la famille ou le rapport aux autres. Même si elles sont rarement défendues explicitement, la voix du narrateur ou celle des personnages exprime et défend cette conception à de nombreuses reprises, avec une telle unanimité qu'il semble difficile d'y voir un hasard.

IV. La mythologie et les autres croyances ont une place différente : c'est le cas de la religion égyptienne dans le tome 2 en particulier.
Les croyances égyptiennes sont en quelque sorte désacralisées, expliquées de manière rationnelle : elles sont très présentes dans la vie des personnages dans le tome 2, mais perdent au fur et à mesure de l'histoire leur statut de "religion" pour devenir "mythologie". La religion, pour les Egyptiens, sert d'explication aux phénomènes incompréhensibles : par exemple, le Nil est divinisé (tome 2, p. 143) parce qu'il est fertile, vital, et que ses crues marquent le temps et l'année. La fête de la crue du Nil est "une sorte de fête de la vie" (p.269): le fleuve est célébré parce qu'il est nécessaire. D'une certaine manière, cette croyance disparaît avec la compréhension du cycle du fleuve : pour les personnages issus du présent, et par extension pour le lecteur, il ne s'agit pas de quelque chose de magique. C'est aussi le cas pour l'étoile Sirius divinisée sous le nom de Sothis (p.269), qui reste, pour le lecteur, un phénomène rationnel et naturel, expliqué par les personnages. A la fin du tome 2 (p.304), les Portes du ciel, phénomène "magique" par excellence (évoquées p.191), et surtout le principe de la balance qui pèse les âmes des défunts et les pyramides, sont expliquées par le principe quasi scientifique (parce que mathématique) des portails d'outre-temps et par l'existence de la civilisation de l'Atlantide. Dans ce dernier cas, en quelque sorte, les mythologies s'annulent : les Atlantes sont présentés comme une civilisation techniquement développée et non pas comme un peuple capable de magie au sens strict.
Les croyances égyptiennes sont utilisées par les personnages du futur comme moyen d'action ou de pression sur les Egyptiens eux-mêmes : Aristide Fandor se sert des superstitions de sa terre d'arrivée pour asseoir son pouvoir, et les héros eux-mêmes profitent de croyances établies pour se faire entendre. C'est le cas quand Sparadrap se transforme en faucon pour parler à la reine et au peuple (p.281), ou quand les poulets rôtis s'enfuient sur leurs petites pattes pendant le siège de la forteresse.
La fin du roman, et la révélation de l'identité du 'Fils d'Horus", est une désacralisation des dieux égyptiens : non seulement le Fils d'Horus n'est pas un dieu, mais c'est un escroc, et de surcroît, il révèle qu'Horus lui-même serait le chevalier d'Aurus, venu du futur (du moins du Moyen Âge). De là, avec ce raccourci étymologique, on peut se demander si cela pourrait être le cas de tous les autres dieux du panthéon égyptien… Dans les deux cas, Horus et son "fils" se servent de la crédulité et des croyances des Egyptiens pour accéder au pouvoir, en usant d'accessoires inconnus à cette époque, comme le bâton-arme à feu d'Aristide. La religion égyptienne est donc présentée comme une tentative d'explication de ce qui dépasse les hommes, dans une perspective magique, et elle est à la fois justifiée aux yeux du lecteur (il est normal que les Egyptiens croient ceci) et désacralisée (mais en réalité, c'est parce qu'ils ne savent pas cela). Elle est aussi intégrée à l'histoire, et sert les intérêts de l'intrigue tout en étant détournée par l'univers de Strom. Contrairement au christianisme, cette croyance n'est pas réhabilitée et il y a peu de place pour le doute : les phénomènes considérés comme "magiques" ont tous dans ce cas une explication plus ou moins scientifique.
D'autres croyances mythologiques apparaissent de temps à autre et semblent traverser toute la trilogie, bien qu'elles ne fassent pas partie de l'intrigue principale : les légendes arthuriennes sont évoquées dans plusieurs tomes, tout d'abord à travers la mention d'une "grande table ronde en marbre" au Louvre, qui rappelle les chevaliers de la Table ronde. Ensuite, ce sous-entendu est confirmé lorsque Constance Quémeneur explique que "cette confrérie secrète prospéra à travers les siècle, changea plusieurs fois de nom. On l'appela un temps la Table ronde…" (tome 1, p.123). L'hérédité de la Confrérie par rapport à cette légende médiévale est ainsi établie. C'est surtout le personnage d'Arthur qui représente un lien avec les légendes du roi Arthur. Le prénom d'Arthur fait dès le départ penser au roi du même nom, d'autant que ce personnage rencontre précisément les jumeaux dans la salle de la table ronde. Le garçon fait preuve d'un esprit chevaleresque inné lorsqu'il s'interpose pour défendre une jeune femme (tome 1, p.286) : il se comporte en véritable chevalier servant. Cette "filiation" est confirmée quand on apprend qu'Arthur est le fils d'un pharaon, c'est-à-dire qu'il est aussi roi, à une autre époque ; en outre, Arthur est très attaché à un livre intitulé "Histoire des chevaliers", c'est-à-dire, entre autres, à l'histoire de son homonyme célèbre, et en un certain sens, à sa propre histoire… Le roi Arthur lui-même est évoqué dans le tome 3, où on apprend qu'il est devenu chancelier très jeune, et qu'il fait donc partie de la confrérie et de l'histoire de Strom, ainsi que son épée, Excalibur. Le nom des promotions de chevaliers, comme Galaad pour Constance Quémeneur, est le nom des compagnons d'Arthur : cet univers légendaire apparaît donc en arrière-plan, et inscrit les Chevaliers de l'insolite dans la continuité des légendes arthuriennes, particulièrement glorieuses et connues. La forêt de Brocéliande apparaît de temps en temps, notamment quand Raphaëlle, Suzanne et son parrain rentrent d'Egypte dans le tome 2 : d'une certaine manière, ils passent par un lieu mythique pour retrouver la vérité sur Arthur, l'autre, celui qui est lié au voyage dans le temps et en même temps à cette légende, par son prénom, son intérêt pour la chevalerie et son rang royal. Les Chevaliers de Strom rejouent la quête du Graal dans le tome 3 en partant à la recherche de la lance de saint Georges : comme le dit Alexandre Giboise (p.131), "Ascalon est un peu comme le saint Graal", dans la mesure où c'est un objet mythique, présent dans l'imaginaire médiéval, à connotation chrétienne et aux pouvoirs surnaturels. On pourrait aussi mettre en parallèle la quête du Graal dans la légende arthurienne et la quête de l'identité d'Arthur Bruno : dans les deux cas, il s'agit de retrouver quelque chose qui a été perdu et qui a une dimension sacrée, et des personnages partent en quête et traversent des épreuves pour retrouver le Graal, ou dans Strom, le passé d'Arthur.
La légende du chevalier au barisel qu'évoque Arthur (tome 1, p.221) est un exemple d'histoire de chevalerie, car il s'agit à l'origine d'un vrai texte médiéval, même si le garçon le résume (Pour ceux qui voudraient lire la légende en version originale, en ancien français, c'est https://archive.org/stream/fabliauxetcontes01barbuoft#page/208/mode/2up">ici). Le résumé est assez fidèle à l'histoire médiévale, même si celle-ci est plus détaillée et écrite en octosyllabes. C'est en même temps une légende chrétienne, car sa morale porte sur l'importance de la piété, du repentir et de la sincérité : c'est avant tout l'histoire d'une conversion. On y trouve un personnage d'ermite, le motif de la repentance, les thèmes du paradis et de l'enfer, mais aussi, à la fin, la possibilité d'une rédemption : ce texte médiéval préfigure l'histoire de Faust et la conclusion de cette histoire, tout en établissant un parallèle avec l'univers de la chevalerie.
Il s'agit dans Strom, comme dans les romans de chevalerie du cycle du roi Arthur, d'une chevalerie mythique ou mythifiée, un univers de Table ronde et de Templiers, c'est-à-dire un univers de chevalerie littéraire, de quêtes et de surnaturel, tel que le présentent les histoires de chevalerie du Moyen Age, beaucoup plus que d'une chevalerie réelle. Le mythe du roi Arthur est donc sous-jacent, réécrit, transposé avec un nouvel Arthur et une nouvelle quête, ce qui donne à Strom, en quelque sorte, la légitimité de la légende.
La mythologie gréco-romaine est relativement peu présente, mais elle joue tout de même un rôle dans certains cas, souvent sous forme de clins d'œil et d'allusions. Cybille, par son prénom relativement transparent et son rôle d'oracle qui transparaît dès le tome 2, fait penser au personnage de la sibylle chez les Grecs et les Romains. La sibylle, dans l'Antiquité, était une prophétesse inspirée par Apollon qui rendait des oracles en vers, généralement obscurs. Le don de Cybille correspond à cette définition, car elle semble voir l'avenir plus ou moins proche, et ses prédictions ont souvent un double sens : elle voit les cheveux des jumeaux brûler, et les héros comprennent a posteriori qu'il s'agit des furolins, et elle voit Raphaël mort, prédiction qui se réalise à deux reprises, sans pour autant que cette mort soit définitive. Mais ce don de voyance est dé-divinisé dans Strom : il s'agit précisément d'un don de la petite fille qui s'explique par le Strom, comme les pouvoirs des Chevaliers, et non d'une inspiration divine.
Le nom du traître parmi l'équipe d'archéologues dans le tome 1 est aussi un clin d'œil à l'histoire mythologique romaine : en effet, il se nomme Laurent Tarquin. Or Tarquin, plus précisément Tarquin le Superbe, est le nom du dernier roi de Rome, qui est chassé pour son abus du pouvoir. En quelque sorte, Laurent est prédestiné à trahir, ou du moins, la mythologie romaine donne un indice sur l'identité de celui qui va prévenir le brocanteur malhonnête.
Le mythe de Milon de Crotone, brièvement évoqué par Tristan lors de la première visite des jumeaux au Louvre, relève aussi de la mythologie gréco-romaine : "Le thème, jusque-là inconnu en sculpture, est une méditation sur la Force vaincue par le Temps, mais aussi sur l'orgueil de l'Homme : Milon est avant tout vaincu par sa vanité, qui refuse la faiblesse de son âge. Sa douleur est autant morale que physique." (je cite ici la notice du musée du Louvre). Il s'agit d'un mythe antique, celui de Milon qui tente de prouver sa force, mais la surestime et est pris au piège, mais aussi d'un motif intemporel qui est actualisé dans Strom. Comme dans les Fables de La Fontaine, une légende antique permet d'amener à une morale à portée universelle.
L'histoire du roi possédant une bague qui change les gens en statues, brièvement évoquée dans le tome 3, p.122-123, rappelle la légende du roi Midas qui obtient le pouvoir de changer ce qu'il touche en or, y compris sa propre fille. Ce mythe évoqué en passant est peut-être un clin d'œil à la mythologie, mais c'est surtout une pierre à l'édifice du mythe du Margilin qui est bâti dans le roman, une façon de prouver par l'exemple son ancienneté et sa réalité : s'il a laissé des traces dans les légendes, c'est qu'il est bien réel… Il s'agit à nouveau d'un exemple de mythologie au service de l'histoire.
La boîte de Pandore est citée à plusieurs reprises dans le tome 3 : c'est ainsi que la "boiste" de la prophétie est interprétée pas les personnages (page 217). "-La boîte de Pandore ! s'exclama Raphaël. Celle de la mythologie ? (…) On retrouve des légendes comparables dans de nombreuses civilisations oubliées, avec des variantes." A travers deux termes, "mythologie" et "légendes", le statut de cette référence est clairement défini. Elle est associée à l'histoire de Strom pour enrichir l'épisode du Margilin, en une réutilisation constructive. Le mythe est presque un prétexte, une métaphore pour exprimer la dangerosité de la boîte que veut ouvrir le Margilin.
L'Atlantide (qui est à l'origine un récit mythique de Platon, qui cherche à décrire la cité idéale, dans le http://fr.wikipedia.org/wiki/Critias_%28Platon%29Critias), bien sûr, a aussi une place importante. Dans Strom, on retrouve l'idée d'une civilisation idéale, très avancée en matière politique et technique, qui aurait disparu de manière brutale. L'Atlantide est mentionnée dans le tome 1, lors de la visite de la grotte de Lascaux, puis dans le tome 2, dans le passage secret sous les pyramides : comme les chevaliers de la Confrérie, les Atlantes semblent donc présents sous ou dans des monuments historiques importants et très visités, mais aussi relativement mystérieux. Il est également fait mention de l'orichalque dans le tome 2, une matière précieuse et mythique supposée avoir contribué au développement et à la fortune de l'Atlantide. Strom, bien sûr, considère que l'orichalque a une réalité : les personnages en découvrent en Égypte dans le tome 2, donnant au mythe la valeur d'une réalité admise dans le cadre du strom. Les références à l'Atlantide ont essentiellement pour but d'élargir le champ des possibles, de remettre en question la technologie, les capacités et les certitudes des personnages, mais aussi du lecteur, confronté comme le héros à des connaissances qui le dépassent. Sans imposer de nouveau modèle, car elle reste très floue et relativement théorique, cette civilisation, passée et peut-être liée à des univers parallèles, propose un point de vue différent, qui amène à remettre en cause une conception centrée sur le présent et le monde commun aux lecteurs et aux personnages. En ce sens, la présence de l'Atlantide, en pointillés, constitue peut-être une leçon de relativisme et d'humilité.
Des légendes urbaines ou croyances surnaturelles, indépendantes entièrement ou en partie de la mythologie antique, ont aussi un rôle, essentiellement d'arrière-plan, et donnent lieu à un jeu sur les croyances, sur la frontière entre fiction et réalité. C'est le cas du passage de la rencontre de Tristan avec Mme Fourquier dans le tome 1 (p.30-31), qui est aussi le premier passage de la trilogie où le lecteur est confronté à des événements réellement surnaturels. Ce passage est l'occasion de présenter un ensemble de légendes urbaines et de croyances populaires, telles que l'idée que le président de la République est un extraterrestre ou qu'il y a un dragon bleu dans le jardin. Il y a ici un jeu sur les croyances et la science, une désacralisation, à travers une profusion de légendes plus ou moins invraisemblables, qui a pour but de distinguer les "fausses" croyances, voire la folie, du Strom, présenté comme une discipline quasi scientifique avec le sérieux et la rationalité qui l'accompagnent. C'est aussi le cas lors de la visite de la grotte de Lascaux par les apprentis (tome 1, p.156) : la grotte est en effet liée à l'Atlantide et aux extraterrestres, dans une énumération de peintures rupestres improbables : "des dragons et des licornes, des êtres à deux têtes, des géants, des nains, des monstres", mais aussi des ovnis. Il s'agit ici d'un condensé de légendes et de mythes qui relèvent de la mythologie classique de différentes origines (dragons), mais aussi des contes (géants, nains, dans le Petit Poucet ou dans Blanche-Neige par exemple) et des croyances populaires. On trouve dans ce passage un véritable pot-pourri de mythes, une sorte de synthèse de croyances, mises toutes sur le même plan à travers la "visite guidée" d'Olympe et servant à alimenter la théorie des portails vers des univers parallèles. (D'ailleurs, je tiens à préciser que la présence de flèches de direction est un anachronisme : il s'agit d'une convention moderne, qui n'est absolument pas crédible dans des peintures rupestres…) Par la suite, D'autres légendes sont évoquées de manière plus ou moins rapide, comme le fait que le triangle des Bermudes serait un portail vers une autre dimension ou que les statues de l'île de Pâques seraient l'œuvre d'extraterrestres (tome 1, p.159-160). Il s'agit de lieux communs dans l'univers du paranormal et de la science-fiction, qui sont ici repris et comme absorbés par Strom. Inversement, la science au sens conventionnel du terme peut aussi être incluse dans le Strom : c'est le cas avec la mention de savants et d'explorateurs célèbres, comme Pythagore, Copernic ou Jacques Cartier, d'anciens membres de la Confrérie. L'évocation de ces personnages donne une dimension scientifique, sérieuse, à l'Organisation, de même que la mention de "laboratoires à Londres" par Tristan (tome 1, p.81). La science et le paranormal s'imbriquent pour constituer une nouvelle réalité.
Dans le même registre, la communication télépathique entre jumeaux, prise beaucoup plus au sérieux, constitue un lien entre l'univers des croyances invraisemblables et les pouvoirs du Strom. Raphaëlle explique à Suzanne la théorie (tome 1, p.24) : "on arrive vraiment à communiquer entre nous sans parler. C'est un phénomène connu. Certains jumeaux peuvent faire de la télépathie parce qu'ils sont comme reliés par un fil invisible." Quelques lignes plus loin, le "phénomène" devient concret quand la jeune fille déclare "Il a un problème. Je le sens." La mise en pratique amène ainsi l'intrigue dans le domaine du paranormal et instaure un pacte de lecture implicite qui suppose l'acceptation par le lecteur de cette dimension fantastique. L'irrationnel devient rationnel et accepté dans la mesure où, par la suite, il est expliqué et justifié par le principe du Strom.


Ainsi, la religion et la tradition judéo-chrétiennes sont essentielles dans la trilogie Strom, dans la mesure où elles constituent des clés de lecture de l'œuvre, des sources d'inspiration et des clins d'œil culturels et littéraires. La mythologie au sens large, des croyances égyptiennes aux récits médiévaux en passant par l'Atlantide et les extraterrestres, joue aussi un rôle très important dans la structure de l'œuvre ; paradoxalement, Strom, série de romans saturée de mythologie, se veut réaliste et a en effet une cohérence et un caractère vraisemblable. Les croyances et les mythes sont à la fois un matériau d'écriture, des histoires à réécrire et des propositions à justifier : c'est leur enchâssement qui leur donne leur cohérence. Strom se démarque par sa capacité à lier des mythes à travers l'Histoire, à construire une continuité, tout en intégrant une dimension religieuse importante et des valeurs fondamentales au cours de l'histoire. La trilogie est une histoire de chevalerie, de foi (même si ce mot n'est pas présent dans la série), et elle contient des réécritures plus ou moins visibles mais toujours fidèles de scènes bibliques ou hagiographiques, intégrées à une trame elle-même fondée sur la foi, la croyance et la confiance.
En même temps, le christianisme est loin d'être omniprésent dans la série : Strom reste une œuvre relativement "laïque", qui se fonde avant tout sur des valeurs universelles et intemporelles, comme le courage, l'honneur, le service, la recherche du bien et de la justice. La trilogie a donc une dimension militante sans pour autant imposer les croyances qu'elle défend, l'ordre des choses qui est présenté est perçu et donné à voir comme naturel, sans pour autant être dogmatique. En ce sens, il s'agit d'un condensé de mythologies, d'une synthèse littéraire, voire d'une réflexion philosophique sur l'humanité, le bien et le mal, le juste et l'injuste, la fiction et la réalité. Strom est par bien des aspects une œuvre-somme en matière religieuse et culturelle, tout en proposant une ouverture vers d'autres univers inexplorés.


Sources non citées plus haut (sinon, il y a des liens dans le texte) :
-www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome01/060.htm (extrait de la Légende dorée)
-fr.wikipedia.org/wiki/Georges-de-Lydda (sur saint Georges)
-Article Wikipédia sur l'archange Raphaël
La Bible (ZeBible, éditions Bibli'O, 2011)
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Divine_Com%C3%A9diehttp://fr.wikipedia.org/wiki/La_Divine_Comédie (sur la Divine comédie de Dante)


Et pour finir, juste pour le fun :
"Le mouvement de lacet sur la berge des chutes du fleuve,
Le gouffre à l'étambot,
La célérité de la rampe,
L'énorme passade du courant
Mènent par les lumières inouïes
Et la nouveauté chimique
Les voyageurs entourés des trombes du val
Et du strom."
Rimbaud, "Mouvement" (1873).
_________________
Est-ce que ce que tu t'apprêtes à répondre est pertinent? Si non, ne réponds pas.

Filleule d'Elenastef et fière de l'être!
Amie de Félinelechat, Sofia, Bouboule, Ciboulette, Irlandais22 et quémeneur. Entre autres.
Marraine de Jüliä, Aquarius, Jeremy alias Hadès, Kinelia alias Margot Fellowes, Wiwi, Flore_66, Ewilan, Selmy, Mathias6255, Aaadrienou et Yann Leguardian!

Numéro 3 à ses heures perdues...

Draco draconem adversus bellat!
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MessagePosté le: Jeu 26 Déc - 00:10 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 26 Déc - 10:37 (2013)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Bravo à toi pour cet immense travail !

Et merci pour ce cadeau de Noël Wink
_________________
Que le Strom soit avec vous !
Draco draconem adversus bellat
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MessagePosté le: Jeu 26 Déc - 18:55 (2013)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Merci à toi pour le compliment ! Je suis contente d'avoir enfin terminé, même si j'ai sans doute oublié ou bâclé des trucs... ^^
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 11:42 (2013)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Waw impressionnant, tu mérites grandement ton titre d'alchimiste, et bientôt - qui sait ? -, de chancelière !

Et le poème à la fin est très beau.
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 13:28 (2013)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

 Ca y est, j'ai fini de lire ta quête en entier (ça m'aura mis du temps!).  Je l'ai trouvée très intéressante et à plusieurs reprises je me suis dit "Mais bon sang, comment j'ai pu ne pas y penser?!", parce que si la plupart de tes recherches sont très poussées il y a aussi de nombreux parallèles relativement évidents.  Je pense que je vais relire la trilogie Razz  Tu m'as appris plein de choses, merci Smile
Citation:
 pour faire simple, à part les héros qui vont aux Champs Elysées, les morts passent l'éternité à s'ennuyer sous la terre, dans un endroit qui est tout sauf lumineux
-> J'adore, j'ai pouffé de rire à ce moment xD


Je me permets juste de préciser (puisque je l'ai étudiée pendant le premier trimestre et que je n'aurai probablement plus jamais l'occasion de me servir de ce que j'ai appris) que ce n'est pas l'ensemble de la Comédie de Dante qui est composé de 34 chants mais uniquement la première partie (l'Enfer) plus le chant d'introduction.  Les deux autres parties sont composées de 33 chants (en référence au nombre d'années que Jésus a passées sur Terre).
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 21:50 (2013)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Waouh, des gens ont lu ma quête en entier! Bravo.
Merci Edmond, je suis touchée! Pour le poème, je ne sais même plus dans quel contexte je suis tombée dessus (ah si, une nouvelle de Philippe Claudel sur Rimbaud), mais le strom (au sens ici de courant marin, le mot allemand, quoi) m'a sauté à la figure, et je me suis dit qu'il allait bien avec la trilogie... Pour une étude comparée, j'y penserai un autre jour. x)
Merci Ciboulette pour la précision sur Dante, c'est vrai que je n'ai pas lu son œuvre, juste des textes qui en parlaient, ce qui reste relativement imprécis.
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MessagePosté le: Lun 30 Déc - 12:14 (2013)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Waw, bravo Clara!^^ Ton texte est très instructeur et tes recherches très poussées! Tu m'éblouies à chaque fois!!!^^
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MessagePosté le: Sam 4 Jan - 17:06 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Très impressionnante, cette exégèse !
Bravo pour ce travail solidement documenté, étayé et fouillé, aux allures de thèse doctorat. 
Ça mériterait une belle promotion, et d'autant plus que ce gros travail a été réalisé de façon purement gratuite et désintéressée 
Excellente année à toi, Clara!
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MessagePosté le: Dim 5 Jan - 13:43 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Grand bravo Clara !
Ton texte et super bien fait !
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MessagePosté le: Dim 5 Jan - 14:46 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Merci beaucoup pour ces beaux compliments!
C'est sûr que c'était un gros travail, mais c'était rigolo à faire! C'est très intéressant d'avoir une intuition, de creuser, de chercher, et de découvrir qu'elle se vérifie. Ça me donnerait presque envie de faire vraiment de la recherche dans le cadre de mes études. (bon, pour trouver un prof qui acceptera que je fasse un mémoire sur la littérature jeunesse contemporaine, le sujet qui m'intéresse, je vais avoir du boulot, et une thèse, on n'en parle même pas.) J'espère que je n'ai pas écrit trop de bêtises...
Bonne année à vous aussi, Maëstrom!
Et "ton texte est super bien fait" avec "est", Love, et merci à toi aussi! =)
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MessagePosté le: Mar 14 Jan - 19:54 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Tu as du en mettre du temps! Franchement bravo.
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MessagePosté le: Mar 14 Jan - 20:08 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Effectivement. Tu multiplies par 150 le temps que tu as passé à consulter ce sujet et tu auras une vague approximation du temps que j'ai passé à rédiger mon introduction. 
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MessagePosté le: Dim 16 Fév - 15:47 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

c'est intéressant mais qu'Est-ce que c'est long!
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MessagePosté le: Dim 16 Fév - 15:59 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Même réponse que ci-dessus.
(pourquoi se fatiguer à faire des phrases verbales, dans certains cas?)
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MessagePosté le: Mar 11 Mar - 10:36 (2014)    Sujet du message: Mythes et religion dans Strom Répondre en citant

Mince alors tu as du mettre un temps fou pour tout écrire
déjà que moi je galère pour écrire 20 lignes !!!!
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On ne voit bien qu'avec le cœur l'essentiel est invisible pour les yeux

Lorsque l'on a éliminé toutes les possibilités sauf une,
La dernière, toute aussi improbable soit elle doit être la vérité

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